Aspartame: après la grandeur, la décadence

Le 12 décembre 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'aspartame est concurrencé par de nouveaux édulcorants.
L'aspartame est concurrencé par de nouveaux édulcorants.

L’aspartame, mis à rude épreuve par l’arrivée de nouveaux édulcorants intenses, est de moins en moins utilisé dans les nouveaux produits mis sur le marché, révèle une étude menée par l’Observatoire de la qualité de l’alimentation (Oqali).

Ingrédient très controversé, l’aspartame a fait l’objet de plusieurs études suggérant des risques sanitaires, dont l’une sur un éventuel effet cancérogène, l’autre sur de possibles accouchements prématurés [1].

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) devrait prochainement se prononcer à son sujet, à l’occasion d’un avis initialement prévu pour 2020. Risque sanitaire ou pas, l’aspartame ne semble plus avoir autant la cote auprès des industriels, ont révélé des experts de l’Oqali lors de son deuxième colloque, qui s’est tenu le 4 décembre au ministère de l’agriculture.

Premier édulcorant en 2002, avec 85,2% des nouveaux produits édulcorés commercialisés cette année-là, sa part n’y est plus que de 38,5% en 2012. Loin derrière l’acésulfame K, qui remporte désormais la première place (64,1%). Si l’aspartame a perdu son trône, c’est semble-t-il en raison de l’arrivée de nouveaux édulcorants sur le marché.

Notamment le sucralose, autorisé en 2002 et désormais présent dans 30,8% des nouveaux produits à base d’édulcorants, ou encore les extraits de stévia, autorisés en France en 2009 et présents dans 23,1% des nouveaux produits.

Malgré cette perte de vitesse, l’aspartame compte encore de beaux jours devant lui: tous produits confondus, anciens et nouveaux, il est présent dans 74,3% d’entre eux, contre 0,9% pour les extraits de stévia, et sa combinaison avec l’acésulfame K demeure la plus fréquente.

Dans cette même étude, l’Oqali révèle l’importance d’un autre ingrédient polémique, l’huile de palme, présente dans 33,5% des produits à matières grasses ajoutées, devant l’huile de cacao (28,9%) et l’huile de colza (28,8%).

[1] Le risque pendant la grossesse semble incertain, tandis que les bénéfices seraient nuls, a pour sa part jugé l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), dans un avis publié en juin sur les femmes enceintes. L’Anses devrait bientôt publier un avis sur la population générale.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus