Asie: le réchauffement, ce n’est pas bon pour l’hydro

Le 04 novembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Barrage de Tarbela : le Pakistan veut quadrupler sa capacité hydroélectrique.
Barrage de Tarbela : le Pakistan veut quadrupler sa capacité hydroélectrique.
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Maintes fois annoncées au Moyen-Orient, les guerres de l’eau n’ont pas débuté. Mais cela pourrait ne plus tarder. Des signes inquiétants se font jour dans… l’Himalaya.

Bien que l’information ait été un peu caricaturée lors de la publication du précédent rapport du Giec[1], les glaciers du château d’eau de l’Asie fondent à grande vitesse. Entre 2003 et 2009, les manteaux blancs des massifs de l’Hindou Kouch et de l’Himalaya ont perdu 174 milliards de tonnes d’eau par an. L’imagerie satellite montre que le couvert glaciaire a reculé de 9% dans l’Himalaya entre les années 1970 et 2000.

Cette fusion accélérée a deux principales conséquences. L’afflux massif d’eau des montagnes favorise la survenue de crues dans les bassins de l’Indus, du Brahmapoutre et du Gange. Le Bangladesh en est fréquemment la victime.

Il risque aussi, à moyen terme, de faire varier et de réduire le débit des fleuves. Une perspective qui n’enchante guère les compagnies électriques de la région. Le tiers de l’électricité pakistanaise est générée par des centrales hydroélectriques. Et Islamabad entend bien quadrupler sa capacité de production hydroélectrique dans les prochaines années. L’Inde (où 14% du courant est d’origine hydraulique), le Bhoutan et le Népal veulent faire de même.

Mais ces projets verront-ils seulement le jour? Le débit des trois grands fleuves prenant leur source dans l’Hindou Kouch et l’Himalaya dépend, pour moitié, des glaciers. Moins de glace, c’est moins d’eau et un moindre productible pour les centrales hydroélectriques. La perte de 1% du débit pourrait réduire de 3% le productible hydroélectrique, ont calculé des ingénieurs de l’EPA américaine. Le dégel du toit du monde devrait aussi créer de nombreux lacs de montagne, dont le débordement pourrait avoir des effets catastrophiques sur des barrages et les vallées situées en aval.

Ces sombres perspectives pour «l’hydro» asiatique risquent de raviver les tensions entre les grands pays de la région. Le Pakistan voit d’un très mauvais œil la perspective indienne de construire une soixantaine de centrales sur le cours de la Chenab.



[1] Giec: Groupe international d’experts sur l’évolution du climat

 



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