Art Ski Tech offre une seconde vie aux skis

Le 03 mai 2019 par Stéphanie Senet
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La société Art Ski Tech recycle des skis en mobilier et en structures architecturales
La société Art Ski Tech recycle des skis en mobilier et en structures architecturales
Art Ski Tech

 

Lancée en novembre dernier à Chambéry, la société Art Ski Tech détourne les skis et snowboards usagés de l’enfouissement et de l’incinération. Première étape: un recyclage en mobilier et en structures architecturales.

Le ski glissera-t-il vers des horizons moins polluants? Aujourd’hui, 450.000 paires de skis et de snowboards sont vendus chaque année en France, selon l’Union sport et cycle (USC). Après deux à trois ans d’usage, ils sont majoritairement envoyés à la décharge. A la marge, certains équipements sont collectés par l’entreprise albertvilloise Tri-Vallées puis broyés et transformés en combustible solide de récupération (CSR) par Sibuet, qui les revend aux cimenteries. 3.000 tonnes d’équipements usagés ont ainsi été traités en 8 ans. Soit environ 375 t par an. Ce qui laisse le champ libre à de nouvelles idées... «Nous avons décidé de rendre cette matière largement accessible, dans une perspective d’économie circulaire, en multipliant ses réutilisations», explique au JDLE Thomas Schamasch, co-gérant de Art Ski Tech.

 

Mobilier et structures pour dômes

Pour démarrer, la société coopérative a recyclé des skis, snowboards et bâtons en tables, chaises, tabourets, bancs et structures en treillis pour dômes (habitat, exploitations agricoles et stands événementiels). Des dômes déjà testés avec succès dans des festivals régionaux.

 

Les usages avant la collecte

Du bois, de la fibre de carbone, du polyuréthane, des métaux, des plastiques... La matière première ne manque pas. «Nous avons conclu des partenariats avec la déchetterie de Chambéry et l’entreprise Tri-Vallées. Avec le bouche-à-oreille, nous avons même reçu des coups de fil de particuliers voulant se débarrasser de leurs skis usagés. Mais nous ne voulons pas développer la collecte. Notre objectif est avant tout de caractériser les matières disponibles et de développer les usages», détaille Thomas Schamasch. L’ingénieur rêve de créer une plateforme numérique recensant les matériaux disponibles par couleur, pour inspirer architectes et designers à créer de nouvelles réalisations.

 

Des financements pour la recherche

C’est pourquoi la start-up s’est associée à 10 travaux de recherche dont une thèse, pour préciser les propriétés mécaniques de tous les composants des skis. «Pour développer la commercialisation, nous avons désormais besoin de soutiens financiers», poursuit le co-gérant. Hormis Décathlon, la plupart des fabricants, tout comme le conseil régional Auvergne Rhône-Alpes, n’ont pas encore mis la main au portefeuille.

 

REP en vue

Une question de temps sans doute. Feuille de route sur l’économie circulaire oblige, les fabricants d’équipements de ski seront bientôt soumis à la nouvelle filière à responsabilité élargie du producteur (REP) sur les articles de sports et de loisirs. Contactée par le JDLE, l’USC a déclaré qu’elle n’avait «pas de visibilité sur l’agenda». Les producteurs devront en tout cas verser une éco-contribution destinée à payer la collecte et le traitement de leurs équipements usagés. L’occasion en or de financer une véritable économie circulaire des équipements de ski.

 

 



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