Arkema: résultats de l'enquête

Le 07 mars 2005 par Christine Sevillano
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extremementinflammable
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Une fuite d'acide chlorhydrique survenue fin janvier sur le site d'Arkema-Lavera, dans les Bouches-du-Rhône, avait suscité une polémique: selon le sous-préfet, la direction de l'usine aurait déclenché trop tôt le Plan particulier d'intervention. L'enquête administrative de la Drire permet de revenir sur la gestion de la crise.

Les résultats de l'enquête administrative de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) sur l'accident survenu le 31 janvier sur le site d'Arkema, à Lavera près de Martigues (Bouches-du-Rhône), a conclu à l'absence d'impact grave sur l'environnement à l'extérieur du site. Ce sont quelque 6 tonnes de produits, un mélange de chlore et de chlorure de méthyle, qui se sont échappées du réacteur de fabrication des chlorométhanes pendant 20 minutes. L'étude très factuelle de la Drire note que "la gestion technique de l'accident a été correctement gérée par l'industriel", ce qui a permis de limiter la durée de la fuite. Le directeur du site avait également pris l'initiative de déclencher la sirène du Plan particulier d'intervention (PPI) pour prévenir la population d'un risque potentiel. Alerte levée au bout de 50 minutes, quand les mesures à l'extérieur de l'enceinte du site par les pompiers d'Arkema ont révélé l'absence de danger pour les riverains.

Le sous-préfet avait alors fait naître une polémique en assurant que l'alerte avait été donnée trop tôt, entraînant l'intervention d'une centaine de pompiers arrivés sur place alors que l'incident était clos. Le rapport de la Drire indique à cet égard que "le déclenchement de la sirène a suscité de nombreuses interrogations, faute d'informations précises sur ce qui se passait". Le directeur du site, Gérard Ferréol, rappelle toutefois que l'incident a été très rapide: "en 45 minutes, après vérification de nos équipes de sécurité, nous nous sommes rendu compte qu'il n'y avait pas de présence de produits toxiques aux alentours du site. Mais quand les pompiers sont arrivés, ils ont déployé leurs moyens spécifiques sur la base des informations qu'ils avaient reçues 40 minutes plus tôt."

Autre reproche de la Drire: le préfet "n'a pas été immédiatement prévenu". "Nous avons prévenu la préfecture par fax, comme nous l'avons fait pour les autres administrations concernées, mais leur télécopieur était encombré et ils l'ont reçu très tard. Cependant, le préfet a été prévenu rapidement par le Centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis)", poursuit Gérard Ferréol. En fait, une convention d'information, signée entre Arkema et la préfecture, prévoit que l'entreprise prévienne immédiatement les autorités déconcentrées. Ce texte n'a aucune valeur réglementaire, Arkema ne devrait donc pas être inquiétée par une procédure judiciaire.

L'usine a toutefois désiré apporter des actions correctives à son système d'information. Elle dispose actuellement d'un réseau de télécommunications assez développé qui lui permet de faire face aux urgences en passant 120 coups de téléphone simultanément. Grâce à un message préenregistré, ce dispositif prévient en moins de cinq minutes plus de 250 destinataires si un accident a lieu sur le site. 220 d'entre eux se trouvent sur le site, les autres sont les riverains, établissements publics ou entreprises les plus proches. Le directeur a proposé de rajouter dans ce réseau les numéros des administrations concernées et de la radio locale. De plus, les véhicules de secours de l'usine vont être équipés de mégaphones afin de prévenir plus facilement la population locale de se confiner en cas de fuite grave.

L'étude de risques a été revue et corrigée en prenant en compte de nouvelles procédures de sécurité et seules des réparations physiques sur le réacteur sont nécessaires avant sa remise en marche, qui devrait intervenir avant la fin du mois, selon le directeur d'Arkema.

 




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