Arkema: information judiciaire pour pollution

Le 29 décembre 2004 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
arkema
arkema

Une information judiciaire a été ouverte suite à des rejets de mercure de l'usine Arkema (ex-Atofina) dans les Alpes-de-Haute-Provence. Si les responsables du site ont immédiatement signalé l'incident qui a mené à ces rejets importants dans la rivière la Durance, ils considèrent que cette pollution ne justifie pas l'intervention de la justice.

Le site d'Arkema, situé à Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), a notifié un rejet accidentel de mercure dans la Durance à la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire), entre le 24 septembre et le 4 octobre . L'inspection des installations classées comme la Préfecture n'ont pas communiqué d'informations et n'en diffusent pas davantage sur leur site internet. Au total, ce sont pourtant près de 8,8 kilogrammes de mercure qui se sont écoulés dans la rivière en une dizaine de jours. Les taux ont dépassé les 50 grammes autorisés par jour, atteignant un pic à 1.787 grammes. Sur la base du procès-verbal de la Drire, le parquet a ouvert une enquête judiciaire.

Un premier incident s'était déjà produit quelques jours auparavant au moment du redémarrage d'un équipement de chaudronnerie, la boucle de saumure, après quelques semaines d'arrêt pour des inspections et des contrôles. Une vanne manuelle n'avait pas été fermée provoquant une fuite de saumure, l'erreur était donc humaine. L'écoulement a duré environ deux heures. Plus grave, le second incident qui a entraîné le déversement de quantités anormales de mercure est dû à un bouchage des filtres de cette boucle. «Nous avons procédés aux modifications techniques nécessaires pour déboucher le filtre et rappeler les consignes aux salariés. Cet incident nous a permis de les sensibiliser à nouveau», explique Alain Dubus, responsable des fabrications et directeur adjoint de ce site classé Seveso II. Ce scénario de fuite existait dans les études de danger réalisées tous les cinq ans par Arkema, mais Alain Dubus constate l'imperfection des procédures envisagées: «Il est difficile d'envisager tous les risques de fuite potentielle dans ces études tellement les endroits éventuels de fuite sont nombreux.» A la préfecture, on indique avoir pris deux mesures d'urgence, l'une consistant à prescrire les effluents mercuriels en sortie immédiate de l'électrolyse et l'autre, de précaution, auprès des pêcheurs afin qu'ils ne consomment pas les poissons.

La direction de l'usine Arkema de Saint-Auban est toutefois surprise de ce début d'action judiciaire. «Cela nous paraît exceptionnel au regard de l'ampleur relative de la pollution. Nous avons l'impression d'une sévérisation dans le déclenchement d'actions judiciaires mais aussi dans la réglementation. Des lois toujours plus strictes qui nous entraînent parfois à de faibles dépassements de notre seuil des 50 grammes de rejets de mercure», affirme Alain Dubus. Pour inscrire l'exploitation de l'usine dans le cadre d'une amélioration continue, il rappelle que 45 millions d'euros ont été investis ces 15 dernières années en hygiène, sécurité et environnement. L'enquête judiciaire, menée par la gendarmerie, doit déterminer s'il s'agit d'une pollution accidentelle ou chronique. Dans ce dernier cas, les autorités auront relevé des problèmes d'ordres fonctionnel et organisationnel. Les officiers de la gendarmerie s'appuieront sur les résultats de la Drire, complétés de prélèvements sur le terrain et d'auditions des responsables. Il reviendra au procureur de la République de donner ou non une suite au dossier.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus