Ariège: un éleveur condamné pour tir de vautour

Le 27 novembre 2014 par Romain Loury
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La bête noire des éleveurs ariégeois
La bête noire des éleveurs ariégeois
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Un éleveur de l’Ariège a été condamné par le tribunal correctionnel de Foix pour un tir mortel sur un vautour fauve (Gyps fulvus). Une première en France, ces affaires se réglant généralement par une procédure simplifiée de plaider-coupable.

En avril dernier, cet éleveur de Saint-Félix-de-Rieutord, propriétaire d’un élevage de 1.100 ovins, a tiré sur un vautour avec sa carabine 22 long rifle, équipée d’un silencieux et d’une lunette, matériel acheté quelques mois auparavant sur internet. Le tout pour effaroucher le vautour, s’est-il défendu par la suite.

Manque de chance: non seulement le vautour a été tué, mais un cycliste de passage s’en est aperçu, le signalant aussitôt à la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Au lieu d’une procédure de plaider-coupable, l’éleveur a opté pour une comparution au tribunal correctionnel, une première en France.

Plaidant la légitime défense, celle de son troupeau, il était poursuivi pour destruction d’une espèce sauvage protégée et acquisition d’arme de catégorie C sans déclaration.

Le verdict est tombé mardi 25 novembre: 7.500 euros d'amende dont 6.000 euros avec sursis, retrait d’un an du permis de chasse, versement de 700 euros aux associations parties civiles, à savoir la LPO, le comité écologie ariégeois et France nature environnement Midi-Pyrénées.

«Ce jugement nous semble bien, cela correspond à ce qu’avait demandé le procureur», indique au JDLE Colette Carichiopulo, en charge des affaires juridiques à la LPO.

Equarrisseur pour les uns, tueur pour les autres

En fond de cette affaire, l’idée, défendue par les éleveurs, selon laquelle les vautours attaqueraient les troupeaux, en y tuant pour se nourrir. L’assertion irrite la LPO, qui rappelle que ce charognard ne se nourrit «que d’animaux morts, exceptionnellement mourants».

Pour Pascal Orabi, responsable de la mission rapaces de la LPO, «il existe un protocole d’autopsie lorsqu’on découvre un cadavre d’animal protégé et particulièrement vulnérable, comme les rapaces. Il est fréquent de retrouver des animaux plombés, voire empoisonnés».

Contactés jeudi par le JDLE, ni l’éleveur condamné, ni la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles de l’Ariège (FDSEA 09) n’étaient joignables.



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