Areva s’introduit par effraction dans la campagne électorale

Le 16 novembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Au lendemain d'un accord pour 2012, de nouvelles tensions ont surgi ce mercredi 16 novembre entre socialistes et écologistes avec le retrait par la direction du PS d'un passage du texte à propos du nucléaire, sur fond de lobbying actif du groupe Areva.??

 

Un paragraphe sur le Mox (combustible contenant de l’uranium et du plutonium issu des déchets de combustibles usagés) a été retiré du texte validé mardi soir par le bureau national du PS, alors qu'il était présent dans l'accord signé entre le PS et Europe Ecologie-les Verts (EELV) [JDLE].??

 

Il parle d'une reconversion à emploi constant de la filière de retraitement et de fabrication du Mox et des moyens de stockage des différents types de déchets (...) en centres d'excellence du traitement des déchets et du démantèlement.??

 

Leader mondial du nucléaire, Areva a confirmé qu'il était intervenu auprès du PS en appelant, selon une source proche du dossier, Bernard Cazeneuve, l’un des porte-parole de François Hollande, par ailleurs député-maire de Cherbourg (Manche).??Pour mémoire, Cherbourg se situe à quelques kilomètres de l’usine de retraitement de La Hague, où Areva retraite les combustibles nucléaires usés.

 

L'objectif, indique l’entreprise publique, était de faire part au mouvement des conséquences économiques, sociales, industrielles, environnementales très graves, qui conduiraient aussi à la disparition du leadership de la France dans le nucléaire civil.??

 

Près de 5.000 personnes travaillent sur le site de La Hague et quelque 1.300 dans l'usine Melox, qui produit le combustible recyclé Mox à Marcoule (Gard). Areva estime que 14.000 emplois dépendent de ces sites, dont 10.000 dans le Cotentin, rappelle le groupe créé par Anne Lauvergeon.?

 

«Des textes modifiés après accord, on a rarement vu ça!», s'est insurgé Pascal Durand, porte-parole d'EELV.

 

Jacques Archimbaud, l'un des négociateurs du mouvement, a précisé pour sa part que le texte validé par Martine Aubry et Cécile Duflot avait été lu et relu ligne par ligne par les deux camps et que les mots avaient été pesés minutieusement.??

 

«Le paragraphe incriminé ne fait pas l'objet d'un désaccord entre les deux partis, a assuré à l'AFP Benoît Hamon le porte-parole du PS, mais d'une différence d'interprétation. Il a donc été retiré de l'examen du Bureau national, le temps de clarifier l'interprétation qu'on en faisait avec nos partenaires.» Les négociateurs socialistes Guillaume Bachelay et Michel Sapin vont en reparler avec leurs partenaires d'EELV.??Le sénateur Verts, Jean-Vincent Placé, a estimé que le texte signé par les deux partis faisait foi, mais que ce n'était pas non plus une Bible. ??

 

«Nous pouvons discuter de la précision, si précision il doit y avoir. Nous le ferons dans les jours qui viennent», a-t-il poursuivi, mettant l'intervention d'Areva sur le compte du lobbying habituel de la filière nucléaire.??

 

Le député EELV Noël Mamère a été plus tranchant: «Si le PS, sous la pression d'Areva et du lobby nucléaire, décide de changer d'avis, cela va changer la donne pour nous



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