Areva: les Finlandais font de la résistance

Le 13 septembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'EPR finlandais démarrera avec 9 ans de retard.
L'EPR finlandais démarrera avec 9 ans de retard.
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TVO, l’acheteur du premier EPR, attaque la validation par la Commission européenne du plan français de restructuration d’Areva.

 

Rien ne va décidément plus entre Areva et TVO. Peu connu des Français, le second est une compagnie d’électricité finlandaise, première cliente du réacteur franco-allemand (à l’époque) du réacteur EPR. Achetée pour 3 milliards d’euros, clés en main, en décembre2000, la tête de série du fleuron de l’industrie nucléaire européenne devait entrer en service l’été 2009. Huit ans plus tard, le réacteur entame ses premiers essais. Au final, le montant de l’addition devrait pratiquement tripler.

Arbitrage international

Areva et TVO se renvoient la responsabilité de ce désastre industriel. Les deux entreprises ont d’ailleurs porté l’affaire devant la Chambre de commerce internationale (CCI). Areva veut obtenir 3,5 Md€ de dédommagements de TVO, jugé incapable de tenir ses délais d’instruction des dossiers. L’électricien d’Eurajoki réclame à Areva 2,6 Md€ en compensation de l’incapacité du groupe français à respecter ses délais et ses devis. En juillet dernier, la CCI a rendu une décision partielle, donnant, selon TVO, raison à la partie finlandaise. L’arbitrage définitif est attendu pour le début de l’année prochaine.

Faillite d’Areva

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. En quasi-faillite, Areva n’a dû sa survie qu’à la cession (imposée par l’Etat français) de sa division réacteur à son premier client, EDF. A quoi s’est ajoutée au début de l’année une recapitalisation de 4,5 Md€, entièrement souscrite par Bercy. Un plan validé par la Commission européenne le 10 janvier dernier.

Plan contesté

Un plan aujourd’hui contesté par TVO. Dans un communiqué mis en ligne ce 13 septembre, l’électricien finlandais indique avoir déposé un recours contre la décision de la Commission. Le demandeur n’entend pas s’opposer au plan de sauvetage de son fournisseur, ce qui obérerait tout espoir de voir rapidement démarrer son prochain réacteur. TVO veut, en fait, que le plan de restructuration d’Areva comporte plus de garanties que les Français mettront en œuvre «tous les moyens financiers, techniques et humains» pour assurer le démarrage du réacteur EPR d’Olkiluoto.

Les Finlandais n’ont pas forcément tort de s’inquiéter. EDF n’avait repris (à son corps défendant) la division réacteurs d’Areva qu’à la condition de ne pas être tenue pour responsable final de l’échec du chantier finlandais. En attaquant la décision communautaire, TVO cherche donc à savoir qui sera désormais son interlocuteur. Sur le chantier. Ou devant les tribunaux.

 



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