Areva et l’Etat trainés dans la boue radioactive

Le 14 septembre 2011 par Célia Fontaine
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Areva avait jusqu’au 1er septembre pour évacuer des boues radioactives provenant du curage de l’étang de Rode, à Compreignac (Haute-Vienne). Le géant du nucléaire a finalement obtenu une autorisation de la préfecture de les stocker sur un site voisin, saturé. Cette autorisation vient d’être attaquée par une association environnementale.
 
Sources et Rivières du Limousin (SRL), membre du réseau France Nature Environnement (FNE), avait des comptes à régler avec le groupe nucléaire. L’association rappelle dans un communiqué du 13 septembre que dès 2008, l’administration a découvert l’existence d’une installation illégale (la «boutonnière» à Bessines) et contraint Areva à la fermer. Ce qui n’est toujours pas fait aujourd’hui. En 2010, l’administration a exigé la fermeture du site de stockage de Bellezane, car celui-ci n’était pas aux normes depuis sa mise en service en 2006 et saturé.
 
Cette situation n’a pas empêché la préfecture d’accorder à la société l’autorisation de stocker des boues radioactive sur ce même site de Bellezane. Cette autorisation, donnée sans enquête publique ni étude d’impact, ne devait pas excéder 6 mois. Mais elle court en l’occurrence sur trois ans, ce qui est illégal, selon SRL, pour qui la coupe est pleine. L’association reproche à l’Etat de couvrir les incompétences de la société.
 
C’est «déplacer le problème avec l’accord de l’administration», estime l’association qui annonce avoir saisi le tribunal administratif de Limoges pour faire constater l’illégalité de l’arrêté préfectoral. Elle engage une action en responsabilité de l’Etat dans la conduite de ce dossier et porte également plainte contre la société Areva pour non-respect de la mise en demeure de déplacement des boues de l’étang avant le 1er septembre.
 
Pour la préfecture, c’est à tort que l'association met en cause l'Etat dans la gestion du dossier. «Le transfert des déchets a commencé le 22 août. Compte tenu de la quantité de sédiments à transporter et pour que cette opération soit menée dans les meilleures conditions, le préfet a accordé, à la demande de l'exploitant, un délai supplémentaire jusqu’au 1er octobre 2011», peut-on lire dans un communiqué. «L'opération continuera à se dérouler sous le strict contrôle de l'Inspection des installations classées», ajoute la préfecture.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus