Areva enfin recapitalisé

Le 10 décembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Après des mois de tergiversation, la recapitalisation d'Areva se concrétise. Ce vendredi 10 décembre, le ministère de l’économie a confirmé un accord au terme duquel le Koweït et l'Etat français apporteraient 900 millions d'euros au groupe nucléaire public.

 

Le fonds souverain du Koweit (KIA) va apporter 600 millions € d'argent frais au mastodonte français du nucléaire, prenant une participation de 4,8 % à son capital, aujourd'hui détenu à plus de 93 % par l'Etat. Les pouvoirs publics apporteront, eux, 300 millions € à cette levée de fonds, afin de pallier le manque d'investisseurs.

 

Initialement, le fonds souverain du Qatar et le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) devaient également participer à l'opération, mais ils ont été écartés du tour de table in extremis. La participation de MHI a été jugée contraire aux intérêts du fabricant de turbines Alstom et d’EDF. Quant au Qatar, ses exigences sur le prix et son souhait de pouvoir prendre une participation dans les lucratives activités minières ont essuyé un refus de l'Elysée.

 

L'augmentation de capital va permettre de donner à Areva « les moyens de conforter sa position de leader dans le nucléaire » et de « financer un programme d'investissements particulièrement ambitieux », s'est félicité Bercy dans un communiqué. Elle valorise le constructeur français de centrales nucléaires à 11,5 milliards €, alors qu'il était évalué à 12,2 milliards lors de sa création en 2001.

 

Un conseil de surveillance d'Areva doit approuver l'opération samedi matin, selon une porte-parole du groupe.

 

En annonçant cette levée de fonds, l'Etat remplit son objectif de conclure l'opération « avant la fin de l'année », comme annoncé par l'Elysée en juillet.

 

Pour autant, l'opération est très en deçà des objectifs fixés lors de son lancement, en juin 2009. Areva avait alors annoncé une ouverture de 15 % de son capital et le groupe espérait lever entre 1,5 et 3 milliards € pour financer ses investissements.

 

L'Etat n'exclut toutefois pas un second tour de table au printemps, Bercy ayant indiqué qu'il pourrait « lancer avec Areva des réflexions sur d'autres opérations de financement destinées, si besoin est, à compléter cette première augmentation de capital ».

EDF et Alstom sont notamment pressentis pour participer à une nouvelle levée de fonds. Par ailleurs, le rachat par le secteur public de la part de 14,34 % qu'Areva détient dans le capital du fabricant de semi-conducteurs STMicro « fait l'objet des discussions », indique Bercy.

Un tel rachat, destiné à donner plus de moyens à Areva, avait été annoncé en juin 2009 mais se fait toujours attendre. Tout comme celui des 25,63 % qu'Areva détient dans le groupe minier Eramet, sur lequel Bercy reste muet.



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