Areva accusé de ne pas contrôler les sorties de ferrailles radioactives

Le 21 janvier 2013 par Stéphanie Senet
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Les ferrailles contaminées ont été découvertes chez un ferrailleur d'Arlit
Les ferrailles contaminées ont été découvertes chez un ferrailleur d'Arlit

Une nouvelle fois, Areva est accusée de ne pas tenir ses engagements. Il y a un mois, l’association Sherpa lui a reproché d’avoir fait marche arrière sur l’indemnisation des travailleurs nigériens et gabonais victimes de maladies professionnelles liées à l’exploitation de l’uranium (voir JDLE).

Cette fois-ci, c’est la Criirad [1] qui monte au front. Dans un communiqué, elle révèle que 1.600 tonnes de ferrailles radioactives viennent de se retrouver sur le marché, en l’absence de tout contrôle.

«Deux responsables de l’ONG nigérienne Aghirin’man ont découvert que ces ferrailles, provenant des sites d’extraction de deux filiales d’Areva -la Somaïr et la Cominak-, ont été mises en vente sur le marché», explique Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et responsable du laboratoire de la Criirad.

D’un côté, 1.000 t de ferrailles radioactives ont été retrouvées chez un ferrailleur d’Arlit, au Niger. Celles-ci affichaient des valeurs allant jusqu’à 1.800 coups coups ? par seconde, soit à manque le chiffre fois supérieures à la normale.

De l’autre, 600 t supplémentaires auraient été vendues à un citoyen du Nigéria ou expédiées au Bénin, selon le témoignage du ferrailleur.

«Cette situation est inacceptable. Areva n’est manifestement toujours pas en mesure d’imposer à ses filiales des procédures strictes permettant d’empêcher la sortie de matériaux radioactifs de ses sites», alerte Bruno Chareyron. La Criirad, qui demande qu’Areva revoie ses procédures de contrôle des matériaux sortants, rachète les ferrailles actuellement mises en vente, et fasse la lumière sur les conditions de cession, avait déjà tiré le signal d’alarme en 2003. Des contrôles ponctuels réalisés sur les marchés de la ville d’Arlit avaient déjà révélé la présence de ferrailles contaminées par des métaux lourds radioactifs, comme l’uranium 238, le thorium 230, le radium 226, le plomb 210, et le polonium 210, entraînant des risques d’exposition de la population, par irradiation externe.

Interrogé par le JDLE, Jérôme Rosso, porte-parole du groupe Areva, a confirmé que «ces pièces métalliques sont sorties des sites miniers de Somaïr et Cominak fin août 2012». «Dès connaissance, nous avons immédiatement stoppé toute sortie de ferrailles des sites», a-t-il ajouté. Selon lui, les «niveaux de radioactivité sont très faibles, car les pièces provenaient d’équipements comme des foreuses, des purgeuses ou des chargeuses qui n’avaient que des contacts ponctuels avec le minerai, qui lui-même avait un niveau d’activité faible». Aucune précision n’est donnée quant aux 600 t de ferrailles qui ont quitté le territoire nigérien, ni aux 1.000 t mises en vente à Arlit.

[1] Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité



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