Arcachon: recours des associations contre les rejets d'une papeterie

Le 01 août 2012 par Geneviève De Lacour
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La pollution provenant de la papeterie Smurfit fait des vagues
La pollution provenant de la papeterie Smurfit fait des vagues

Des associations ont déposé mardi 31 juillet un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux contre un arrêté préfectoral autorisant le rejet dans l'océan de produits chimiques provenant d’une papeterie.

Le 5 juillet, un accident dans l'usine Smurfit Kappa de Biganos (Gironde) contamine un affluent du bassin d'Arcachon. Une cuve en service depuis 1970 chez le papetier et contenant 3.500 mètres cubes de «liqueur noire» se fissure. Elle relâche alors une grande quantité du liquide hors du bassin de rétention du site et dans le Lacanau, un affluent de la Leyre -l’unique source d'eau douce du bassin d'Arcachon. Une partie du produit, composé de liquide de cuisson de bois et de soude caustique, se répand dans le Lacanau.

«Nous demandons que cessent les rejets en mer à la sortie du bassin d'Arcachon. Et nous exigeons que la sécurité du site soit entièrement revue avant la reprise de l'activité», déclarait Stéphane Scotto, l'un des organisateurs de la manifestation qui a regroupé de 500 à 800 personnes le 28 juillet.

Les manifestants ont mis en avant le fait que la nature exacte de la substance qui s'est déversée dans le Lacanau n'est pas connue. Les ostréiculteurs s'inquiètent quant à eux des répercussions possibles pour leurs huîtres, en pleine saison de ponte dans le bassin d'Arcachon. La section régionale de l'organisation professionnelle a déposé une plainte à Bordeaux contre l'usine.

Laurent Sellier, directeur du site de Smurfit Kappa de Biganos, estime de son côté que l'épisode de pollution est passé: «Cent mètres cubes ont été déversés dans le Lacanau, ce qui a provoqué la mortalité de poissons. Le lendemain, il n'y avait plus trace de pollution», ajoutant «s'interroger sur la volonté de certains de s'en prendre à une entreprise qui emploie 450 salariés et fait travailler la filière bois». Interrogé sur la composition de la liqueur noire, il précise qu'il s'agit de «matières organiques, autres que la cellulose qui est extraite, et de soude». Les résultats d'analyse ont permis d'autoriser la baignade sur la Leyre et son embouchure dès le lendemain de l’accident. Une enquête judiciaire a été ouverte afin de déterminer d'éventuels manquements.

Quant à la requête en référé suspension, elle a été déposée mardi 31 juillet par François Ruffié, avocat du comité régional de la conchyliculture, de la Sepanso, de la coordination environnement du bassin d'Arcachon (Ceba) et de Bassin d'Arcachon Ecologie. Si ce recours est déclaré recevable, le dossier pourrait être examiné d'ici une quinzaine de jours. L’avocat des associations a déclaré réclamer la suspension de l'arrêté pris le 9 juillet par la préfecture de la Gironde.

L'arrêté préfectoral autorise en effet l'usine Smurfit Kappa à rejeter dans l'océan une partie des produits contenus dans un bassin de rétention d'environ 80.000 mètres cubes où est stockée une grande partie de la liqueur noire qui avait pu être récupérée.

Le rejet des produits, préalablement retraités, se fera à l'entrée du bassin d'Arcachon, au large de la commune de La Teste de Buch (Gironde), via le wharf de la Salie, un tuyau charriant les eaux traitées de 4 stations d'épuration du bassin d'Arcachon pour les rejeter dans l'océan.

Dans son recours, François Ruffié redoute que les conséquences des rejets ne soient irréversibles, souligne plusieurs irrégularités et estime que l'arrêté conduit à déverser dans le milieu maritime (...) un produit qui a causé une importante pollution des eaux douces.

La préfecture n'a pour l'instant pas fait de commentaires.



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