Arcachon: la papeterie Smurfit redémarre

Le 24 août 2012 par Geneviève De Lacour
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Huîtres bassin d'Arcachon
Huîtres bassin d'Arcachon
Ifremer

Sept semaines après avoir provoqué une pollution du bassin d’Arcachon, la papeterie Smurfit Kappa de Biganos (Gironde), qui emploie 450 salariés, a reçu le feu vert préfectoral pour reprendre, jeudi 23 août, sa production. Les services de la préfecture estiment que la pollution était limitée, et ont donc autorisé l’entreprise à reprendre ses activités. Mais le site sera placé sous surveillance renforcée, ont indiqué la préfecture et l'entreprise.

Outre les salariés, l’inactivité de la papeterie -qui fabrique du papier kraft- affectait une centaine d'entreprises de travaux forestiers et de transport de bois, depuis l'accident survenu le 5 juillet. Smurfit a confirmé la reprise de sa production dès le 2 août.

Le 5 juillet, 3.500 mètres cubes d’une liqueur noire -un mélange de jus de cuisson et de soude caustique, particulièrement corrosif puisque son pH est de 13- se sont répandus au sol après la rupture d'une cuve. Le produit voué à être recyclé s’est déversé dans le Lacanau, ruisseau alimentant la Leyre qui se jette dans le bassin d'Arcachon (voir JDLE).

Une enquête judiciaire a été ouverte sur les causes de l'accident et une plainte pour pollution déposée par les conchyliculteurs.
«Les rejets après traitement de la liqueur noire ont été suivis, analysés depuis l'accident et étaient très largement en deçà de ce qui est autorisé lorsque l'usine fonctionne normalement», a affirmé jeudi 23 août Philippe Roubieu, de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal). «Il n'y a pas eu de pollution plus importante que les seuils autorisés», a-t-il assuré.
L'impact écologique de l'accident du 5 juillet a été essentiellement lié à la pollution immédiate, mais limitée dans le temps, avec quelque 300 kilogrammes de poissons morts, selon le sous-préfet d'Arcachon Jean-Pierre Hamon.

«L'arrêté autorisant le redémarrage n'est pas un blanc-seing», a indiqué Patrick Stéfanini, le préfet de Gironde, soulignant qu'il est assorti d'une série de conditions et de dispositions. Selon le journal Sud-Ouest, l'usine ne pourra dorénavant plus utiliser 16 de ses 194 bacs, jugés défaillants, et doit prévoir le remplacement des deux principales cuves accueillant la liqueur noire. La cuve qui a cédé le 5 juillet sera remplacée, tout comme celle qui va recevoir le produit. La société a trois mois pour déposer un dossier pour la construction de ces nouveaux équipements. Enfin, Smurfit devra prévoir un meilleur dispositif de surveillance de son site. Une commission de suivi va être créée pour contrôler au fil des mois la situation et les efforts engagés.

La Dreal a indiqué que l'accident de Biganos entraînera par précaution une surveillance renforcée d'autres sites papetiers d'Aquitaine, comme Tembec à Tartas, ou Gascogne Paper à Mimizan, dans les Landes.

«J'espère que l'ensemble des garanties ont été prises pour qu'elle puisse redémarrer dans des conditions de sécurité pour ses équipes et l'environnement», a déclaré Olivier Laban, président de la section conchylicole du bassin d'Arcachon, qui avait porté plainte pour pollution.



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