Arbres: la moitié des espèces menacées

Le 04 juin 2014 par Romain Loury
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Une richesse génétique en péril
Une richesse génétique en péril
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Environ la moitié des espèces d’arbres sont actuellement menacées dans le monde, par la surexploitation des forêts, la conversion excessive en pâturages ou les changements climatiques, estime l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un rapport publié mardi 3 juin.

«Les forêts sont une source d'aliments, de biens et de services essentiels à la survie et au bien-être de toute l'humanité», estime le sous-directeur général de la FAO chargé des forêts, Eduardo Rojas-Briale. Légumes-feuilles, fruits, graines, noix, racines, tubercules, champignons, miel… Il suffit en effet de citer quelques-uns des produits issus des arbres pour comprendre leur rôle majeur pour l’alimentation mondiale.

Intitulé «L’état des ressources génétiques forestières mondiales», le rapport publié mardi par la FAO est pourtant le premier du genre. Pour l’occasion, l’organisation, qui a rassemblé les données de 86 pays regroupant 85% des forêts mondiales, tire la sonnette d’alarme, pointant l’important retard pris en matière de conservation et de connaissance des arbres.

Environ 2.400 des espèces, soit 3% des 80.000 à 100.000 espèces d’arbres estimées dans le monde, sont «gérées de façon active» par l’homme, en premier lieu pour leur bois et les produits non ligneux. Et seules 700 «font l'objet d'une amélioration active par la sélection ou la reproduction», note la FAO.

Le risque d’un appauvrissement génétique

Sur environ 8.000 espèces (arbres, arbustes, palmiers, bambous) étudiées plus en détail, la FAO estime que près de la moitié sont actuellement menacées, avec des taux allant de 7% en Océanie à 46% en Amérique du Nord. Notamment par la conversion en terres agricoles, dont la surface mondiale a bondi de 15,7% entre 2000 et 2010, mais aussi par des demandes croissantes en bois de chauffage et charbon de bois, ou par le réchauffement climatique.

Pour ces espèces menacées de déclin, le risque est celui d’un appauvrissement de la diversité génétique. Or celle-ci «est une condition essentielle à la sélection et à la domestication d'espèces forestières améliorées», que ce soit en termes de «taille des fruits, vitesse de maturation, composition des huiles et proportion de pulpe», explique la FAO.

«Parallèlement, la diversité génétique est nécessaire à l'adaptation des forêts à l'évolution des conditions environnementales, y compris celles liées au changement climatique. Elle renforce également la résilience des forêts face aux sources de stress telles que ravageurs et maladies», ajoute l’organisation.

Un savoir génétique à la traîne

En matière de savoir génétique, l’étude des arbres s’avère très en retard par rapport à celle des grandes cultures herbacées (blé, riz, orge, maïs, etc.). «L’information sur les aspects moléculaires s’accumule beaucoup plus vite que l’information relative à l’organisme tout entier, avec la conséquence qu’une faible partie du savoir accumulé a des applications directes en matière de gestion, d’amélioration ou de conservation», déplore la FAO.

Parmi les quelques espèces les mieux connues génétiquement figurent «les conifères tempérés, les eucalyptus, plusieurs acacias, le teck et quelques autres espèces à grande adaptabilité, largement plantées et à croissance rapide». D’autres espèces, jugées pourtant prioritaires par les Etats interrogés, «n’ont fait l’objet d’aucune recherche, ou alors seulement de recherches limitées» en génétique.

Avant même la connaissance des gènes, la FAO note le fréquent manque de connaissance des Etats quant à la répartition des espèces, une donnée pourtant essentielle à leur conservation.

Entre autres mesures, l’organisation prône une meilleure conservation des arbres: in situ, par la protection de zones forestières; ex situ, par la mise en place de collections de graines, ou de bases de données génétiques. Des objectifs qu’elle s’est déjà fixés en avril 2013, lors de la publication de son Plan d’action mondial pour les ressources génétiques forestières.



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