Aquitaine-Centre-Val-de-Loire: deux régions s’adaptent au réchauffement

Le 31 janvier 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Les débuts de la COP du Centre-Val-de-Loire.
Les débuts de la COP du Centre-Val-de-Loire.
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Comment ceux deux conseils régionaux adaptent leur gouvernance à la contrainte climatique.

Les Assises européennes de la transition énergétique, dont l’édition bordelaise 2020 vient de s’achever, n’ont pas été qu’un terrain de mésentente entre élus et représentants de l’Etat.

Comme chaque année, ces trois journées ont été l’occasion d’échanges, de découvertes et de partages de «bonnes pratiques». Au moment où les scientifiques établissaient, dans la très parisienne Académie des sciences, l’ampleur des mutations à accomplir, les participants à l’agora de la transition formulaient des propositions concrètes. De gouvernance, notamment.

En la matière, la Nouvelle-Aquitaine a ouvert la voie. La plus grande région de France est la première à avoir commandé à un vaste groupement de chercheurs un audit sur les effets, actuels et à venir, du réchauffement. Tant sur l’environnement que sur les activités anthropiques.

conjuguer plan régional et SRADDET

Nanti de cet état des lieux, la collectivité — légalement cheffe de file en matière de lutte contre le réchauffement — s’est mise en ordre de bataille. En juillet dernier, l’exécutif régional a adopté sa feuille de route décennale. Baptisée Néo Terra 2030, elle vise à réduire les risques imputables à la montée du niveau de l’Atlantique, baisser les consommations d’intrants agricoles (qui renforcent l’effet de serre), développer les énergies renouvelables (pas forcément électriques), réduire les consommations d’eau (pas seulement agricole), muscler l’offre de transports collectifs.

Des objectifs repris cinq mois plus tard lors de l’adoption du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires. «C’est un programme qui exige de prendre des mesures radicales», constate Françoise Coutant, vice-présidente (EELV) de la collectivité. Avec le risque de procrastination qui va avec ? Ne dites pas cela à Alain Rousset. «L’enjeu, c’est de passer de l’alerte à la massification des actions. Et s’il y a un risque de blocage, je décide», tonne le président du conseil régional, qui rappelle que 35 à 40 % du budget régional pourraient ainsi être sraddetés.

sensibiliser et faire participer

A Orléans, la démarche est un peu différente. Il y a tout juste un an, le conseil régional du Centre-Val-de-Loire lançait sa première COP. Loin de singer les sommets onusienrs, l’ambition de l’assemblée orléanaise est surtout de mobiliser les parties prenantes à l’atténuation et à l’adaptation pour construire collectivement une stratégie régionale, sur le modèle du processus initié, en 2018, par la ville de Rouen.

Parallèlement à l’organisation de dizaines d’événements de sensibilisation (semaines thématiques, ateliers décentralisés, rencontre avec les professionnels), l’exécutif a constitué cinq collèges d’acteurs: socio-économiques et chambres consulaires, éducation et de la recherche, financeurs, acteurs publics et société civile pour nourrir ses réflexions. «Nous voulions surtout imaginer de nouvelles solutions en matière de bâtiments, de mobilité, de mutations économiques, d’agriculture et d’alimentation et de biodiversité», indique le vice président délégué à la transition écologique et citoyenne. Sont particulièrement attendues: les idées sur les financements, la dynamisation de la démocratie locale, la transition sociale, le déploiement des énergies renouvelables. En interne, l’élu écologiste essaie aussi de bousculer les habitudes. «Lors des réunions avec les responsables des services techniques, j’essaie de les convaincre que le climat n’est pas une politique publique parmi d’autres, mais celle qui conditionne toutes les autres», poursuit Charles Fournier.

programme en devenir

Le premier terme de cette expérience de démocratie participative est fixé. En juin prochain, le conseil régional signera ses premiers engagements, puisés dans le catalogue rédigé par les membres des groupes de travail. L’occasion, sans doute, de donner un sérieux coup de pouce aux programmes locaux de rénovation de logements, via la création d’une société de tiers financement. La concrétisation, ensuite, du remplacement en 7 ans des 5.000 bus diesel régionaux par des véhicules à carburants alternatifs. Gestion de l’eau et production d’énergie ne seront pas oubliés. Pas plus qu’un plan de reforestation et de replantation des haies agricoles. Ca tombe bien : 2020, c’est aussi l’année de la biodiversité.