Aprochim: un collectif agricole dénonce la mauvaise gestion du dossier

Le 25 juillet 2012 par Stéphanie Senet
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Contrairement à la préfecture, le collectif estime que des bovins sont contaminés
Contrairement à la préfecture, le collectif estime que des bovins sont contaminés

Le collectif agricole «Terre et vie d’Anjou» a dénoncé dans une lettre ouverte, le 25 juillet, le traitement par les services de l’Etat de la pollution aux polychlorobiphényles (PCB) aux abords de l’usine Aprochim de Grez-en-Bouère (Mayenne).

S’adressant au sous-préfet de Château-Gontier, Jérôme Harnois, le collectif affirme «qu’aucune des 14 exploitations impactées n’a à ce jour repris normalement son activité antérieure à la pollution». L’association vitupère également contre le chiffrage des préjudices directs, réalisé «de manière expéditive et sans aucune concertation avec les parties». Les experts avaient évalué les indemnisations à 1.500.000 euros en juin 2011. Un an plus tard, ce montant n’aurait été versé qu’à moitié, en faveur de 4 éleveurs seulement.

«Les indemnisations se font à la tête du client et il n’y a aucune notion d’impartialité», poursuit Terre et vie d’Anjou, selon laquelle deux exploitations particulièrement touchées n’ont encore bénéficié d’aucun dédommagement.

De son côté, la préfecture de la Mayenne confirme que 720.000 euros ont été versés à ce jour à 8 agriculteurs, dont 4 ont reçu la totalité de la somme promise. Elle reconnaît que 4 agriculteurs touchés n’ont toujours reçu aucune indemnisation. Par ailleurs, 2 responsables d’exploitation ont préféré engager une action judiciaire.

Enfin, Terre et vie d’Anjou dénonce la rémanence de la pollution. Le 5 juillet dernier, la préfecture de Laval (voir JDLE) avait affirmé que les taux issus des prélèvements du sol, de l’air et de l’eau étaient redescendus au-dessous des seuils réglementaires, hormis dans 2 parcelles sur 9, précisément situées dans un rayon de 400 mètres autour de l’entreprise. «Faux», rétorque le collectif, qui a notamment trouvé 3 bovins contaminés à 1.400 m du site. Une découverte que refusent de commenter les représentants de l’Etat.

Des niveaux anormalement élevés avaient été détectés pour la première fois en janvier 2011 dans la production de lait, de viande et d’œufs de plusieurs exploitations agricoles. 11 fermes ont fait l’objet d’une mise sous séquestre totale ou partielle, et 300 bovins ont déjà été abattus.

Aujourd’hui, une information judiciaire est en cours. Elle a été ouverte fin 2011 par le procureur de Laval pour pollution environnementale et mise en danger d’autrui (voir JDLE).

La pollution aux PCB doit encore faire l’objet de nouvelles analyses autour du site. Ses résultats seront diffusés en octobre prochain par la Commission locale d’information et de surveillance (Clis).

 



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