Aprochim émet plus de PCB qu'autorisé

Le 22 novembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'usine Aprochim de Grez-en-Bouère (Mayenne), spécialisée dans le traitement de déchets contaminés, a été mise en demeure de respecter les seuils d'émission en PBC après de nouveaux tests de mesure de pollution, a annoncé mardi la préfecture de la Mayenne dans un communiqué.

L'usine dispose de quinze jours pour se mettre en conformité alors que des mesures à la cheminée ont montré des émissions élevées sous forme gazeuse de ce polluant chimique, selon la préfecture, en charge du dossier dans cette zone où six troupeaux de bovins contaminés ont été abattus ces dernières semaines.

Les tests de sortie de cheminée vont se poursuivre pendant quatre jours et, si les résultats restent supérieurs aux normes admises, l'activité de l'usine sera suspendue, précise la préfecture.

Actuellement, on est deux fois supérieur au seuil que l'on souhaite atteindre pour la part des gazeux, a indiqué à l'AFP Jérome Harnois, le sous-préfet de Château-Gontier, tout en précisant qu'il n'existe pas d'équation directe pour mesurer l'impact sur l'environnement et la santé.

"Enfin, on a le sentiment que l'Etat a pris ses responsabilités", a réagi Jean-Marc Guesdon, le président du collectif de riverains Terre et Vie d'Anjou qui a manifesté dimanche pour demander l'arrêt immédiat de l'usine.

Les autorités ont demandé communication des analyses sanguines des salariés d'Aprochim et une campagne de prélèvements sanguins va être menée en janvier auprès d'une vingtaine de riverains, a précisé le sous-préfet.

Il s'agit de comparer pour voir si les imprégnations individuelles dépassent les niveaux moyens observés dans la population française, a expliqué à l'AFP Chantal Gloaguen, au service régional de veille sanitaire.

Une dizaine de fermes des environs ont été mises sous séquestre total ou partiel depuis la détection, en janvier, de taux anormalement élevés de concentration en PCB dans leurs productions (lait, viande et oeufs).

Jusqu'à présent, Aprochim a contesté sa responsabilité dans la pollution constatée. Des expertises sont en cours pour identifier les sources de parution des PCB. Rien nest établi à ce jour, assure ainsi un récent communiqué.

Le site, qui emploie une centaine de personnes, a été contraint de réduire son activité de 50% en janvier puis autorisé à reprendre en juin après renforcement des systèmes de filtration en sortie de cheminée.

Les polychlorobiphényles (PCB), plus connus en France sous le nom de pyralènes, sont des dérivés chimiques utilisés à partir des années 30 et pendant des décennies dans l'industrie, comme isolants dans les transformateurs électriques, lubrifiants dans les turbines ou composants dans les peintures. La vente de produits contenant des PCB est interdite depuis 1987.

Ces molécules sont stables dans l'environnement et peuvent se fixer dans l'organisme des animaux, entraînant un risque pour l'homme en cas de consommation réitérée.

Plusieurs plaintes ont été déposées au civil et au pénal par des salariés d'Aprochim et par des agriculteurs affectés par la pollution.


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