Après le tigre, le moustique japonais progresse en Europe

Le 06 juillet 2016 par Romain Loury
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Aedes japonicus
Aedes japonicus
Entomological Society of America

Après le moustique tigre, bientôt l’Aedes japonicus? Déjà bien présent en Europe centrale, et même dans l’est de la France, ce diptère a récemment été détecté dans le nord de l’Italie, laissant présager un passage vers le sud de la France. Comme son cousin, il pourrait transmettre plusieurs maladies.

A force de parler du moustique tigre (Aedes albopictus), déjà implanté et actif dans 30 départements français (métropole et Corse), on en oublierait presque que d’autres espèces invasives menacent l’Europe. Le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) en compte dix à surveiller en priorité. Parmi eux, l’Aedes japonicus, d’origine asiatique, qui semble se plaire sur notre continent.

C’est en 2000 que ce moustique a pour la première fois été observé en Europe, en l’occurrence dans l’Orne, dans un site de stockage de pneumatiques usagés. Rapidement éradiqué, il a par la suite été retrouvé dans d’autres pays européens. D’abord en Belgique en 2002, puis en Suisse et en Allemagne en 2008-2009, ce qui a fait de lui le premier moustique invasif d’Europe centrale.

La France déjà touchée

C'est d’ailleurs par la Suisse qu’Aedes japonicus est revenu en France. En juillet 2013, il a été observé dans un cimetière d’Hésingue (Haut-Rhin), proche de la frontière, avant d’être détecté sur une grande partie de la commune, puis dans une forêt (son habitat préféré) à 3 km de là, indiquait en octobre 2013 le Centre national d’expertise sur les vecteurs (CNEV).

Depuis, le moustique a encore progressé. Contacté par le JDLE, Yvon Perrin, entomologiste au CNEV (qui siège dans les locaux montpelliérains de l’IRD), indique qu’il a depuis été détecté dans le Bas-Rhin et dans le Territoire de Belfort. Or Aedes japonicus pourrait bien trouver un autre point d’entrée en France, via la côte italienne.

Bientôt dans le sud?

Dès 2011, Aedes japonicus est apparu à la frontière entre la Slovénie et l’Autriche. Selon de récentes études publiées dans la revue Parasites and Vectors, il s’en est étendu à la Hongrie et au nord de l’Italie, où les premières observations remontent à juillet 2015.

Or c’est par la côte italienne que le moustique tigre est arrivé à Menton (Alpes-Maritimes) en 2004, avant de coloniser le littoral méditerranéen puis de remonter vers le nord. Est-il possible qu’Aedes japonicus emprunte la même route? Pour Yvon Perrin, l’hypothèse est plausible, les deux espèces «profitant des transports pour se déplacer».

Un risque sanitaire incertain

Pour l’instant, on en sait assez peu sur le risque sanitaire que pose Aedes japonicus, aucune étude n’ayant confirmé son rôle dans une épidémie, explique Yvon Perrin. Actif de mars à novembre, on le sait vecteur de l’encéphalite japonaise en Asie.

Aux Etats-Unis, où il est arrivé en 1998, plusieurs d’entre eux ont été découverts porteurs du virus du Nil occidental, sans qu’on sache s’il y a causé des cas humains. Et selon des données de laboratoire, il pourrait aussi héberger les virus de la dengue, du chikungunya et de la fièvre de la vallée du Rift.



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