Après le Giec, Londres prépare sa stratégie bas carbone

Le 15 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'économie bas carbone emploierait 400.000 personnes, outre-Manche.
L'économie bas carbone emploierait 400.000 personnes, outre-Manche.
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Ce lundi 15 octobre, le gouvernement britannique a commandé à une agence indépendante des stratégies visant à contribuer à la stabilisation du réchauffement à 2°C, voire à 1,5°C.


Messieurs les Anglais ont encore tiré les premiers. Une semaine après la publication du rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) sur les conséquences d’un réchauffement de 1,5°C, les gouvernements britannique, écossais et gallois ont officiellement demandé au Climate Change Committee (CCC) de se remettre au travail. Sans équivalent en France, cette commission indépendante, chargée de conseiller le gouvernement et d’évaluer ses politiques climatiques, va devoir imaginer la réponse du Royaume-Uni aux enjeux climatiques d’ici à 2050.

décarboner en 30 ans
Plus précisément, le CCC devra esquisser les stratégies grâce auxquelles Albion réduira suffisamment ses émissions de gaz à effet de serre (GES) pour contribuer à stabiliser le réchauffement à 1,5°C et à 2°C. Dit autrement, comment décarboner le pays en une trentaine d’années. Depuis 1990, le Royaume-Uni a abattu de 40% ses rejets de GES. Dans le même temps, son PIB a progressé des deux tiers, rappelle l’administration de Theresa May.

décisions difficiles
Ces travaux prospectifs devront non seulement dessiner les courbes d’émissions mais surtout lister les technologies à mettre en œuvre et les changements sociétaux à engager. Sans oublier l’évaluation du montant des devis. Leurs résultats feront sûrement grincer des dents, tant les changements structurels qui devraient être proposés par le CCC s’annoncent importants.
Dans un entretien accordé au Guardian, le directeur général du CCC annonce déjà la couleur. Chris Stark estime déjà que des contraintes carbone devront être fixées aux entreprises. «Nous allons forcer les politiques à prendre des décisions difficiles», promet-il. La Banque d’Angleterre (BoE) prend déjà les devants.

pas de menu gouvernemental
L’institution dirigée par Mark Carney devrait prochainement obliger banques, assureurs et réassureurs à évaluer les risques financiers que les conséquences du réchauffement font peser sur leurs activités. Evaluation qui devra être rendue publique, notamment auprès des actionnaires. Les entreprises concernées devront, en outre, désigner parmi leurs dirigeants celui ou celle qui sera chargé de conduire cette évaluation. Il y a urgence. Selon une étude publiée il y a quelques semaines par la BoE, seuls 10% des principaux établissements financiers britanniques considèrent le risque climatique comme une donnée stratégique.


Dans la société, le débat sur la limitation de la consommation de viande a commencé. Interpellée à ce sujet par des ONG, la ministre britannique du climat, Claire Perry, a estimé que ce n’était pas le rôle du gouvernement d’édicter aux citoyens un menu bon pour le climat.



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