Après le Brexit, le Warming

Le 13 juillet 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Theresa May, nouvelle prime minister britannique, devra adapter le royaume au Warming.
Theresa May, nouvelle prime minister britannique, devra adapter le royaume au Warming.
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Le Royaume-Uni n’est absolument pas adapté aux conséquences d’un réchauffement, même modéré, estime le Committee on Climate Change.

Theresa May, la toute nouvelle première ministre britannique, s’est toujours intéressée aux  conséquences du Global Warming. Notamment dans sa circonscription de Maidenhead. Régulièrement, cette petite portion du comté de Berkshire (sud-est de l’Angleterre) voit sortir la Tamise de son lit; des inondations violentes et souvent dévastatrices. Jusqu’à ces dernières semaines, l’ex-ministre de l’intérieur de David Cameron n’a pas ménagé ses efforts pour sensibiliser les autorités et les parties prenantes aux moyens de réduire ce risque.

Sujets qui fâchent

Cet activisme ne pourra qu’être salué par le Committee on Climate Change (CCC). Indépendante, cette institution conseille le gouvernement de sa majesté sur sa politique climatique et fixe son budget carbone. Purement consultative, elle n’hésite pas à s’autosaisir de sujets qui fâchent. Ainsi en est-il de l’adaptation.

En début de semaine, le CCC a publié une imposante évaluation de la capacité du Royaume-Uni à s’adapter à une recrudescence d’événements climatiques extrêmes, à la montée du niveau de la mer ou du mercure du thermomètre. En quelque 2.000 pages, tout est passé au crible: résilience des collectivités, capacité des établissements de soin à prendre en charge les victimes d’une vague de chaleur, adaptation du système d’adduction d’eau potable, impacts sur les espèces animales et végétales, menace sur l’approvisionnement alimentaire. Sans oublier l’arrivée de nouveaux ravageurs et de maladies encore  inconnues dans l’archipel (dengue, zika).

Plusieurs scénarios

Le CCC a testé plusieurs scénarios de réchauffement, y compris celui où la communauté internationale atteindrait l’objectif qui lui a été fixé au Bourget en décembre dernier. Hélas, même en stabilisant le réchauffement entre 1,5°C et 2°C d’ici la fin du siècle, la société britannique semble insuffisamment préparée.

Aucune politique n’a pris en compte les risques d’accroissement du nombre et de l’intensité des crues (le principal risque climatique pour le Royaume), regrette le CCC. Même inquiétude pour l’avenir du littoral régulièrement raboté par l’irrépressible montée du niveau de l’Atlantique ou de la Manche (+ 15 cm depuis 1990).

Le CCC met en exergue quelques sujets à suivre: l’élévation du taux d’humidité dans l’air va-t-il accroître le développement des moisissures dans les intérieurs; les transports publics pourront-ils fonctionner par fortes chaleurs; le réchauffement peut-il accroître les tensions internationales; les aquifères côtiers peuvent-ils être contaminés par l’eau de mer ?

Les experts mettent en garde la prochaine équipe gouvernementale sur les possibles réactions en chaîne d’un événement climatique extrême : un violent coup de chaud pourrait réduire les capacités de production et de transport d’électricité, stopper les trains et perturber l’approvisionnement des régions les plus touchées. La recrudescence annoncée d’événements comparables à la tempête Xynthia perturbera gravement les activités portuaires (le Royaume-Uni importe 40% de son alimentation) mais aussi les systèmes de traitement et de distribution d’eau potable.

Parce que les canicules, comparables à celle de 2003, seront l’été normal des années 2040, le volumineux rapport du CCC estime que la consommation d’eau triplera presque dans certaines régions, avec des menaces de rupture d’approvisionnement à la clé.

Ces sécheresses à répétition nuiront gravement à la fertilité des sols. Selon le niveau de réchauffement que nous choisirons, la surface des terres arables devrait diminuer de 9% à 38%, outre-Channel. Les céréales devraient disparaître en Angleterre de l’Est et en Ecosse. Des cultures qui pourraient éventuellement laisser la place à la viti-viniculture. Du jamais vu depuis… le 13e siècle !

 



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