Après la stévia, l’érythritol

Le 11 mars 2015 par Romain Loury
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L'érythritol, de la famille des polyols, ou sucres alcoolisés
L'érythritol, de la famille des polyols, ou sucres alcoolisés
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L’érythritol pourrait être le prochain édulcorant à pénétrer le marché européen, après les extraits de stévia fin 2011. Déjà utilisé dans plus de 60 pays, dont les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et le Japon, il vient de recevoir un avis positif de l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) en vue de son ajout aux boissons non alcoolisées.

L’érythritol (additif E968) est un édulcorant naturellement présent en petites quantités dans les fruits, en plus grandes doses dans les produits fermentés tels que le fromage, la bière, le vin et les sauces au soja. S’il a été déclaré d’utilisation sûre en 2003 par le comité scientifique de l’alimentation (SCF), prédécesseur de l’Efsa, et finalement autorisé en 2006 dans l’alimentation comme exhausteur de goût, des doutes subsistaient quant à son ajout aux boissons non alcoolisées.

Le SCF craignait en particulier un risque de troubles gastro-intestinaux, avec des effets laxatifs, en particulier chez les jeunes enfants. Productrice de l’érythritol sous le nom de «Zerose», l’entreprise Cargill est repartie à l’attaque avec une demande pour une utilisation au maximum de 2,5% dans les boissons.

Peine perdue: certes, les plus grands consommateurs se situaient en dessous du seuil laxatif de 0,71 grammes par kilo de poids corporel, mais en demeuraient tout de même assez proches (0,59 g/kg). Après ce premier échec de 2010, Cargill a présenté de nouvelles données en 2013, toujours pour un taux maximum de 2,5%, également sans succès.

Au maximum 1,6%

Reposant sur une étude menée chez des enfants âgés de 4 à 6 ans, la troisième aura été la bonne, mais avec un taux que Cargill a abaissé à 1,6%. Selon des données soumises en mai 2014, l’exposition à l’érythritol passerait à 0,3 g/kg de poids corporel pour les 5% de consommateurs les plus intensifs, un écart avec le seuil d’effets laxatifs jugé suffisant par l’Efsa.

La porte est donc ouverte à son autorisation par la Commission européenne –qui, pour la stévia, était intervenue 20 mois après l’avis positif de l’Efsa. Outre son effet édulcorant, l’érythritol a pour effet, lorsqu’il est utilisé avec d’autres édulcorants, dont le sucralose ou la stévia, de rehausser le goût sucré, afin qu’il s’approche encore plus de celui de boissons contenant réellement des sucres.



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