Après la maladie de Lyme, l’encéphalite à tiques?

Le 23 septembre 2019 par Romain Loury
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Ixodes ricinus, la tique du mouton
Ixodes ricinus, la tique du mouton

Véhiculée par la même espèce de tique que la maladie de Lyme, l’encéphalite à tiques ne fait en général qu’une vingtaine de cas par an en France, pour la plupart dans l’est. Or trois cas ont été observés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, suggérant son extension à des zones jusqu’alors épargnées.

L’encéphalite à tiques est liée au virus TBEV (Tickborne Encephalitis Virus) de la famille des flavivirus, qui compte notamment les virus Zika, du Nil occidental, de la dengue et de la fièvre jaune. Comme la bactérie Borrelia burgdorferi, responsable de la maladie de Lyme, son principal vecteur est la tique Ixodes ricinus.

Après incubation d’une à deux semaines, elle s’illustre par de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires et articulaire. Des symptômes neurologiques (encéphalite, myélite, paralysie d’un membre) peuvent survenir chez 20% à 30% des patients, laissant parfois des séquelles, voire entraînant la mort.

Une vingtaine de cas chaque année en France

Entre 5.000 et 13.000 cas surviennent chaque année dans le monde, de l’Europe au nord du Japon et de la Chine, entre les 40ème et 60ème parallèles, rappelle Santé Publique France sur son site internet. En Europe, les principaux pays touchés sont l’Allemagne, la République tchèque et les pays baltes.

La maladie demeure rare en France, avec environ 20 cas par an. Le sous-type viral, dit «européen», qui y sévit est moins virulent que les sous-types «extrême-oriental» et «sibérien», avec moins de 1% de mortalité, mais peut laisser des séquelles dans 40% des cas.

La maladie s’étend au-delà du nord-est

Si la maladie était longtemps circonscrite à l’Alsace et à la Lorraine, il semble probable qu’elle se soit étendue à d’autres régions, bien qu’encore à bas niveau. Une étude publiée en janvier 2018 a confirmé l’existence de plusieurs cas en Haute-Savoie. Et en 2006, un cas isolé, mais de transmission autochtone (non importé), avait été observé chez un agriculteur du Bordelais.

Or dans une étude à paraître en octobre dans le bulletin Emerging Infectious Diseases, édité par les CDC américains[i], Elisabeth Botelho-Nevers, infectiologue au CHU de Saint-Etienne, et ses collègues révèlent la survenue, en 2017 et 2018, de deux cas dans la Loire (un garçon de 8 ans en vacances, une agriculture de 66 ans) et d’un cas dans la Haute-Loire, chez un randonneur âgé de 76 ans. Parmi eux, l’agricultrice, diagnostiquée en juillet 2018, présentait toujours trois moins plus tard des troubles moteurs dans la jambe et le bras droits.

«En plus de l’Alsace et de la Lorraine, des cas sporadiques ont été observés dans des régions rurales et forestières, comme la région alpine, ce qui suggère que la circulation du virus est plus étendue qu’on le pensait. La hausse du nombre de cas et leur extension géographique pourraient être liées au changement climatique, à l’importation de tiques infectées via la migration ou le transport d’animaux, à des changements de mode de vie tels que les voyages et les activités de plein air, ainsi qu’à un dépistage sérologique plus systématique», commentent les auteurs.



[i] CDC: Centers for Disease Control and Prevention

 



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