Après la COP 21, quel est notre budget carbone?

Le 24 février 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un bon budget carbone doit intégrer tous les gaz à effet de serre et les particules.
Un bon budget carbone doit intégrer tous les gaz à effet de serre et les particules.
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C’est un concept qui a fait flores. En 2009, plusieurs climatologues (notamment Myles Allen[1] et Malte Meinshausen[2]) publient une série d’articles fixant le niveau d’efforts à accomplir pour stabiliser le réchauffement. Dit autrement, ces chercheurs ont estimé le tonnage maximum d’émissions cumulées de gaz à effet de serre pour ne pas dépasser un réchauffement de 2°C. Le budget carbone était né!

A l’époque, celui-ci est fixé à 3.670 milliards de tonnes de CO2. Un chiffre qui peut paraître énorme. Il n’en est rien. Car la moitié de ce capital a déjà été consommé depuis la révolution industrielle engagée à la fin du XVIIIe siècle, soulignent-ils. Dans la foulée, les auteurs rappellent que notre crédit carbone pour le XXIe n’est plus que de 1.000 Mdt CO2 si nous voulons conserver de très sérieuses chances de limiter à 2°C les sauts du mercure planétaire. Au rythme actuel d’émission, cela nous laisse une trentaine d’années devant nous.

Royaume-Uni et France

Le concept a été adopté, notamment par les gouvernements. Au Royaume-Uni, et bientôt en France, on fixe des budgets carbone pluriannuels, histoire d’engager les parties prenantes (industriels, agriculteurs, collectivités, etc.) sur la voie du «facteur 4»[3] en 2050, et de la décarbonation pour la fin du siècle.

Bien huilée, cette mécanique reste discutable et discutée. Dans un article publié ce mercredi 24 février, une équipe de climatologues menée par Joeri Rogelj (université de Zurich) souligne la grande palette de limites d’émission proposée par les principaux budgets carbone en cours: de 470 à 2.390 Mdt CO2 pour avoir deux chances sur trois de rester sous la barre des 2°C. Est-ce d’ailleurs bien sûr? «Certains de ces budgets n’intègrent pas les autres gaz à effet de serre que le CO2, ce qui les disqualifient quelque peu. D’autres envisagent un dépassement des 2°C, d’autres pas», commente Olivier Boucher, directeur de recherche au CNRS. Pas facile de choisir celui sur lequel caler une politique publique.

Joeri Rogelj et ses collègues proposent l’un de ceux du 5e rapport d’évaluation du Giec[4], intégrant les principaux GES ainsi que les particules: de 590 à 1.240 Mdt CO2, pour avoir de bonnes chances de stabiliser d’ici la fin du siècle le réchauffement à 2°C. Pour limiter à 1,5°C le réchauffement, ce qui est l’un des acquis de la COP 21, «il faudra faire de plus grands efforts», estiment les chercheurs.



[1] Université d’Oxford

[2] Institut de recherche sur les impacts du climat de Postdam

[3] Ainsi désigne-t-on la division par quatre des émissions que devraient accomplir les pays les plus anciennement industrialisés d’ici la moitié du siècle.

[4] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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