Après l’amiante, les CMR sous surveillance

Le 11 juillet 2006 par Laure Pollez
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chimie 3
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Le ministère en charge du travail vient de lancer, avec la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS / Direction des risques professionnels) et l’Institut national de recherche et de sécurité, une campagne d’évaluation et de prévention à l’encontre des agents cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction en entreprises. Il reprend là une méthode mise au point récemment pour la prévention du risque «amiante».

«Aujourd’hui, on ne peut plus parler de santé au travail comme avant l’amiante» explique Michel Héry, responsable du projet transversal «cancers professionnels» à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). «On ne doit plus perdre sa vie à la gagner». Il se félicite donc de la campagne de contrôles menée actuellement, ciblée sur l’utilisation en entreprise d’agents cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR). Cette opération s’inspire de ce qui a déjà été fait à deux reprises, en 2004 et 2005, sur l’amiante. «Le risque CMR est extrêmement important» explique Michel Héry qui a participé à la conception de cette opération, «et il est nécessaire de faire le point sur l’application de la législation».

Cette campagne CMR, lancée en juin pour deux mois, jusque fin juillet, vise à évaluer, par des contrôles inopinés, le respect de la réglementation renforcée relative aux agents CMR de catégorie 1 ou 2, introduite en 2001 (1). Elle concerne les activités de mécanique industrielle, de plasturgie et de fabrication de peintures et de vernis, ainsi que les secteurs dans lesquels des travailleurs sont susceptibles d’être exposés à des fibres céramiques réfractaires (FCR). En fait, ce premier opus est centré sur certaines substances (le trichloréthylène, les FCR, les phtalates, les chromates, deux amines aromatiques et les dérivés du plomb), choisies parce que reconnues comme substituables. La substitution est en effet l’axe fort de cette campagne, explique-t-on au ministère en charge du travail. «La substitution, c’est tout sauf facile», reconnaît Michel Héry, «mais aujourd’hui, il faut y aller», insiste-t-il, en expliquant que, sinon, les coûts engendrés demain risquent d’être bien plus importants que les efforts à engager aujourd’hui.

Selon l’enquête Sumer réalisée en 2003, 2.370.000 personnes, soit 13,5% des salariés, sont exposés à des produits CMR, dont plus d’un tiers ne bénéficient pas de protection collective.

Outre la prévention, cette campagne de contrôles doit permettre de mieux connaître un risque très problématique du fait de ses effets différés dans le temps. Après les quelque 700 contrôles prévus, d’autres campagnes suivront, assure-t-on au ministère. D’ores et déjà, une troisième campagne sur l’amiante est prévue pour cet automne.


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