Après-Kyoto: les nuages s’accumulent

Le 15 juin 2009 par Victor Roux-Goeken
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La capacité de la communauté internationale d’aboutir à un accord post-Kyoto ambitieux à la conférence de Copenhague (Danemark) en décembre prochain est de moins en moins certaine. En effet, les mauvais signes se sont accumulés au cours de la semaine, alors que les pays signataires du protocole de Kyoto étaient réunis à Bonn (Allemagne) du 1er au 12 juin pour l’une des dernières conférences préparatoires.

Mercredi 10 juin, le Japon a dévoilé un objectif à moyen terme (2020) de réduction de ses émissions de 15% par rapport à leur niveau de 2005. Par rapport à 1990, année de référence du protocole de Kyoto, cela équivaut à une baisse de 8%. Soit un objectif à peine supérieur à celui qui lui était fixé dans le cadre du protocole (-6%), et que le 5e émetteur mondial est loin de tenir, ses émissions ayant justement augmenté de 6% par rapport à cette date (1).

Cette proposition a stupéfait le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC): «Pour la première fois depuis deux ans et demi que je suis en fonction, je ne sais pas quoi dire. (…) Nous sommes encore loin des scénarios ambitieux de réduction d’émissions qui sont un signal pour le monde.»

Conséquence: la Chine a indiqué qu’elle refuserait de conclure un accord contraignant pour réduire ses émissions, au nom de son développement économique, à l’issue de négociations à Beijing (Pékin) avec Todd Stern, l’émissaire spécial des Etats-Unis pour le climat. Si le 1er émetteur mondial mettait sa menace à exécution, l’accord trouvé à Copenhague aurait peu de sens. La Chine avait réclamé le mois dernier que les pays riches réduisent leurs émissions de 40% en 2020 par rapport à 1990 –deux fois l’objectif européen et bien supérieur à l’objectif américain de -17% d’émissions en 2020 par rapport à 2005.

Ensuite, des voix s’élèvent pour réclamer un report d’un traité climatique en 2010, notamment aux Etats-Unis. La loi américaine sur l’énergie, qui fixe l’objectif domestique de réduction d’émissions, ne devrait pas être adoptée avant l’an prochain. Trop tard pour Copenhague. Son passage devant le Sénat promet de ne pas être simple. En 1997, la Chambre haute du Congrès avait refusé à l’unanimité de ratifier le protocole de Kyoto, de peur de mettre à mal l’économie américaine.

Enfin, la Russie n’a toujours pas indiqué sur la base de quel objectif de baisse de ses émissions elle était prête à négocier. Les pays en voie de développement souhaitent que les pays développés aient publié ces objectifs avant le 17 juin, soit 6 mois avant la fin de la conférence de Copenhague.

(1) Dans le JDLE «Japon: record des émissions de gaz à effet de serre»


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