Appel français à stopper la déforestation importée

Le 02 septembre 2019 par Stéphanie Senet
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Comment interdire l'importation de soja sud-américain en Europe ?
Comment interdire l'importation de soja sud-américain en Europe ?

Dans une tribune publiée le 1er septembre dans le Journal du dimanche, 46 députés français et 17 ONG réclament une interdiction européenne des importations de viande et de soja. Pour freiner la déforestation au niveau mondial. 

Ne plus être complice de la déforestation. Des représentants politiques et associatifs appellent la France et l’Union européenne à faire barrage à toute importation de soja et de viande provenant des pays où elle est massive, Brésil en tête.

En France, priorité au devoir de vigilance

Le principal outil juridique à actionner, selon eux, est la loi française sur le devoir de vigilance. «Les grandes entreprises comme Carrefour doivent veiller au respect de l’environnement et des droits fondamentaux tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Il leur appartient de s’assurer qu’elles ne favorisent pas la déforestation», explique Adeline Favrel, coordinatrice du réseau Forêt à France Nature Environnement (FNE), co-signataire de la tribune. En mars dernier, l’ONG avait déjà interpellé les entreprises sur leur plan de vigilance par rapport à la déforestation. «Seuls les groupes Carrefour, Bel et Danone ont planché sur la question mais c’est largement insuffisant», relève Adeline Favrel. L’association Sherpa envisagerait de déposer des recours en France au nom de ce devoir de vigilance, sur le modèle du recours visant la responsabilité climatique de Total.

A elles seules, les productions de soja, d’huile de palme et de cacao sont responsables de 80% de la déforestation mondiale et touchent respectivement l’Amérique du Sud, l’Indonésie et la Malaisie et l’Afrique.

Un règlement européen ?

Autre outil disponible en France: la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI), publiée en novembre 2018. Si elle vise, de façon ambitieuse, à mettre fin, en 2030, à toute importation de produits forestiers ou agricoles non durables favorisant la déforestation, son efficacité s’avère réduite par son absence de contrainte juridique. «Elle peut toutefois servir de fil conducteur à une future réglementation européenne faisant barrage aux produits agricoles favorisant la déforestation comme c’est déjà le cas pour le bois illégal», relève Adeline Favrel. Pour l’heure, Bruxelles envisageait plutôt de «développer des partenariats avec les pays producteurs», selon sa communication diffusée le 23 juillet dernier. Sur le modèle de la lutte contre la pêche illégale, qui mise sur l’attribution de cartons jaunes et rouges pour sanctionner les pays producteurs.



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