Appel aux femmes non exposées au Distilbène pour une étude épidémiologique

Le 03 septembre 2013 par Marine Jobert
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Le Distilbène égrène ses effets transgénérationnels.
Le Distilbène égrène ses effets transgénérationnels.

Vous êtes nées entre 1950 et 1977 d’une mère qui n’a pas pris de Distilbène? Votre parcours médical sera très utile pour établir si les descendantes des femmes traitées pendant leur grossesse par cette hormone de synthèse ont un risque accru de déclencher un cancer du sein. 2.000 volontaires sont encore nécessaires. Le questionnaire est en ligne jusqu’au 9 septembre.

Les filles des «femmes Distilbène» sont-elles davantage susceptibles de développer un cancer du sein que celles dont les mères n’ont pas été exposées à cette hormone de synthèse, prescrite en France entre 1950 et 1977 aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches, les risques de prématurité et traiter les hémorragies de la grossesse? C’est tout l’enjeu de l’étude épidémiologique menée par le réseau DES-France1 et la Mutualité française et financée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). C’est la première fois que le risque de cancer du sein des trois générations Distilbène (les mères qui ont pris le médicament, leurs filles et leurs petites-filles) va être comparé à celui d’un groupe de femmes «témoins» en France. Un appel est d’ailleurs lancé à ces femmes âgées de 36 à 63 ans (c’est-à-dire nées entre 1950 et 1977) qui n’ont pas été exposées à ce perturbateur endocrinien. Il manque encore 2.000 réponses de leur part au questionnaire anonyme disponible en ligne, que l’on renseigne en quelques minutes.

Deux évaluations discordantes

Les effets du Distilbène chez les filles exposées in utero sont connus: malformations génitales, cancers particuliers du col de l’utérus ou du vagin, infertilité, complications de grossesse. Mais sur le cancer du sein, deux grandes évaluations menées aux Etats-Unis et aux Pays-Bas ont donné des résultats discordants, notamment à cause de différences entre les méthodes d’évaluation employées, l’âge des femmes étudiées, et les doses de Distilbène administrées selon les pays. Autant de paramètres que veut dépasser le réseau DES-France pour tenter d’établir si les «filles DES» présentent un risque plus élevé que leurs consœurs qui n’ont pas été exposées in utero. «La prescription de doses plus faibles en France fait espérer un risque de cancer du sein moindre pour les ’filles DES‘ françaises mais ce n’est qu’un espoir», explique Michel Tournaire, médecin du réseau-DES-France. En moyenne, une «mère DES» française a reçu 4.050 milligrammes pour l’ensemble de sa grossesse. Et dans 85% des cas, les doses françaises se situaient au-dessous des doses fortes américaines. Une étude américaine, publiée en 2011, fait état d’un risque de cancer du sein augmenté de 80% par rapport à la population générale«Sur les 80.000 filles DES, compte tenu du fait qu’une femme sur 8 est touchée en moyenne, ‘seulement’ 10.000 d’entre elles devraient être malades. Or elles sont 18.000», détaille André Cicolella, président du réseau Santé-environnement.

La descendance exposée

En avril 2011, des chercheurs français ont réussi à prouver les effets transgénérationnels de la molécule. Entre 2 et 8 millions de femmes dans le monde ont été traitées par Distilbène entre 1948 et 1976. En France, il a été administré à environ 200.000 patientes. Entre 100.000 et 160.000 enfants seraient nés de mères exposées, la majorité dans les années 1970. Les «filles DES» de plus de 40 ans –qui bénéficient de dispositions particulières lors du congé maternité- sont incitées à réaliser des mammographies tous les ans ou tous les 2 ans, en fonction de la dose reçue par leur mère.
 

 



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