Antibiotiques pour animaux: l’UE en mode homéopathique

Le 09 mars 2016 par Romain Loury
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Trop d'antibios dans les élevages
Trop d'antibios dans les élevages

L’Union européenne veut inciter à un meilleur usage des antibiotiques dans les élevages animaux, selon une résolution adoptée mardi 8 mars par le Parlement européen. Dans les faits, rien de bien contraignant.

Si l’usage promoteur de croissance des antibiotiques est interdit dans l’UE depuis 2006, ces médicaments demeurent utilisés de manière abusive, notamment de manière préventive en l’absence de maladies déclarées. Ce qui favorise le risque de résistances antimicrobiennes, particulièrement dangereuses lorsqu’elles touchent des antibiotiques également utilisés chez l’homme.

Certes, les mesures adoptées mardi par le Parlement n’ont rien de révolutionnaire, faisant appel, une fois de plus, à la bonne volonté des professionnels: «tous les éleveurs, commerçants et propriétaires d'animaux seront contraints d'appliquer les principes de bonnes pratiques d'élevage et d'utiliser de manière prudente les médicaments vétérinaires», explique le Parlement.

Même injonction aux vétérinaires, qui «seront tenus de sensibiliser à l'interaction entre la santé et le bien-être des animaux et la santé humaine, ainsi que de mieux informer les propriétaires sur le problème de la résistance antimicrobienne».

Des rapports centralisés

Plus intéressant: «les États membres sont invités à s'engager à recueillir des données pertinentes, comparables et suffisamment détaillées sur l'administration effective de médicaments antimicrobiens aux animaux».

Ces données seront ensuite transmises à la Commission, qui «s’engage à publier à intervalles réguliers un rapport» sur l’administration de ces médicaments en Europe. Une première étape vers l’incitation à mieux faire, et surtout le début d’un réel contrôle de Bruxelles sur ce grave sujet de santé publique.

Agir plus vite contre les maladies émergentes

Les mesures adoptées ont aussi trait aux maladies animales transmissibles, pour lesquelles il s’agit aussi de mieux centraliser la gestion, en habilitant la Commission à adopter des mesures urgentes dès l’apparition d’une maladie émergente. «Les organisations d'agriculteurs, les associations de vétérinaires, les mouvements de protection des animaux et d'autres parties prenantes seront impliqués dans l'élaboration des plans d'urgence», assure le Parlement.

Afin de lutter contre le commerce illégal des animaux de compagnie, source de maladies émergentes, les éleveurs et vendeurs professionnels auront obligation d’être enregistrés. La Commission pourrait «demander aux États membres d'établir une base de données nationale des chiens et autres animaux de compagnie, si nécessaire», indique le parlement.



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