Antibiotiques: l’OMS tire le frein à main dans les élevages

Le 08 novembre 2017 par Marine Jobert
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Trois quarts des antibiotiques pour les animaux.
Trois quarts des antibiotiques pour les animaux.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande que les éleveurs et l’industrie alimentaire cessent d’utiliser systématiquement des antibiotiques pour promouvoir la croissance des animaux et prévenir les maladies chez des animaux sains. Objectif: réserver l’efficacité des antibiotiques importants pour la médecine humaine en réduisant leur utilisation inutile chez l’animal. Dans certains pays, près de 80% des antibiotiques importants pour la médecine humaine sont consommés dans le secteur animal.

L’OMS veut freiner l’usage des antibiotiques dans les élevages. Dans les nouvelles lignes directrices que l’organisation vient de publier pour «l’utilisation chez les animaux destinés à l’alimentation humaine des antimicrobiens d’importance critique pour la médecine humaine», elle préconise des changements drastiques dans les pratiques en cours à travers le monde. C’est que l’antibiorésistance est en passe de devenir un problème majeur, et inquiétant, de santé publique, puisque des étables aux champs, de nombreux antimicrobiens employés en agriculture sont identiques ou étroitement apparentés avec ceux utilisés chez les humains. «Un manque d’antibiotiques efficaces est une menace pour la sécurité sanitaire aussi grave qu’une flambée soudaine d’une maladie mortelle», estime Tedros Adhanom Ghebreyesus, médecin et directeur général de l’OMS.

Bien que ces lignes directrices ne concernent officiellement que l’utilisation d’antimicrobiens importants sur le plan médical chez les animaux de rente, cette déclaration doit être appliquée à tous les usages d’antimicrobiens chez ces animaux et sur les végétaux, estime l’OM. «En effet, tous ces usages ont le potentiel de sélectionner des germes résistants aux antimicrobiens, qui peuvent ensuite se transmettre aux êtres humains.»

Croissance et prévention

Outre la réduction globale de l’utilisation chez les animaux de rente de toutes les classes d’antimicrobiens importants sur le plan médical, l’OMS recommande avec force de supprimer leur utilisation comme promoteurs de croissance et à titre préventif. «Plusieurs pays ont réussi à restreindre l’utilisation d’antimicrobiens pour la prévention des maladies chez les animaux de rente, ce qui démontre la faisabilité de cette recommandation.» Les antibiotiques pour faire grossir plus rapidement les bêtes ont été prohibés en 2006 dans l’Union, mais les Etats-Unis peinent à bannir cette pratique.

Même en cas de maladie

Face à une maladie déclarée, l’OMS se veut moins inflexible… elle «suggère» de ne pas utiliser d’antimicrobiens classés comme d’importance critique en médecine humaine pour endiguer la dissémination d’une maladie infectieuse diagnostiquée cliniquement, et d’exclure également les plus prioritaires en médecine humaine pour les traiter.

Exclure les molécules pour les humains

Pour l’avenir, les élevages devront-ils compter sans les nouveaux antibiotiques, sachant que les trois quarts des substances aujourd’hui commercialisées dans le monde le sont précisément dans les élevages? L’OMS estime que toute nouvelle classe ou nouvelle association d’antimicrobiens mise au point pour être utilisée chez l’homme «sera considérée comme d’une importance critique pour la médecine humaine en l’absence de catégorisation différente par l’OMS». Et pas question de se rabattre sur les molécules jusqu’ici dédaignées: les antibiotiques «qui ne sont pas employés actuellement dans la production alimentaire ne devront pas l’être non plus dans l’avenir, et notamment pas chez les animaux de rente ou sur les végétaux». Une protection pour les médicaments de «dernier ressort», utilisés actuellement pour le traitement d’infections graves et potentiellement mortelles chez l’homme.



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