Antibiorésistance: un premier bilan mondial

Le 01 février 2018 par Romain Loury
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Un usage excessif dans les élevages
Un usage excessif dans les élevages

La résistance bactérienne aux antibiotiques atteint des niveaux très inquiétants à travers le monde, aussi bien dans les pays industrialisés que ceux en développement, révèle un premier bilan mondial publié lundi 29 janvier par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En octobre 2015, l’OMS lançait le système mondial de la surveillance de la résistance aux antimicrobiens (GLASS). Dans son premier bilan, elle révèle les données d’antibiorésistance de 22 des 40 pays ayant pour l’instant rejoint ce réseau[i]. Aucun d’entre eux ne semble épargné par ce phénomène, menace pour la santé publique.

Jusqu’à 82% de résistance

S’il est difficile de comparer les pays entre eux, en raison de modalités différentes de recueil des données, les résultats sont très variables: de 0% à 82% d’antibiorésistance parmi les souches bactériennes responsables d’infections sanguines, de 0% à 51% de résistance à la pénicilline, de 8% à 65% de résistance à la ciprofloxacine pour les infections urinaires –face auxquelles cet antibiotique est prescrit en première ligne.

IST, Escherichia coli, pneumonie, etc.

Au Malawi, la bactérie Neisseria gonorrheae, responsable de la gonorrhée (infection sexuellement transmissible, IST), est désormais résistante à la ceftriaxone dans quasiment 100% des cas, et à l’azithromycine dans 15% d’entre eux. Idem en Corée du Sud, où 75% des bactéries Acinetobacter, responsable de diverses infections, ne répondent plus à la classe des carbapénèmes.

Parmi les autres bactéries les plus réfractaires aux antibiotiques, figurent la bactérie intestinale Escherichia coli, des agents de pneumonie (Klebsiella pneumoniae, Streptococcus pneumoniae), le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus), ainsi que les salmonelles, responsables d’infections alimentaires.

Médecine humaine et élevage

Outre un usage excessif en médecine humaine, l’antibiorésistance résulte en grande partie de l’élevage, où ces médicaments sont encore prescrits, dans de nombreux pays, comme promoteurs de croissance ou pour prévenir des maladies. En novembre 2017, l’OMS appelait les pays à réduire ces usages non thérapeutiques.



[i] Ces 22 pays sont Bahreïn, la Bosnie-Herzégovine, le Canada, l’Egypte, la Finlande, la Géorgie, l’Allemagne, le Japon, la Lettonie, le Liban, Madagascar, le Malawi, la Norvège, les Philippines, la Corée du Sud, l’Afrique du Sud, la Suède, la Suisse, la Thaïlande, la Macédoine, la Tunisie, la Zambie.

 



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