Antibiorésistance: un plan Ecoantibio2 pour transformer l’essai

Le 20 avril 2017 par Romain Loury
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-20% entre 2012 et 2015
-20% entre 2012 et 2015

Le plan Ecoantibio, qui visait à réduire de 25% l’usage d’antibiotiques en médecine vétérinaire sur la période 2012-16, est en passe de réussir. Mercredi 19 avril, le ministère de l’agriculture a annoncé le lancement de son successeur, Ecoantibio2, afin de renforcer ces progrès.

L’antibiorésistance, qui résulte d’un usage excessif d’antibiotiques, constitue une importante menace pour la santé publique. D’où la nécessité de modérer la consommation de ces médicaments, notamment dans les élevages, où ils demeurent souvent prescrits en prévention, en l’absence de maladie déclarée.

-20% entre 2012 et 2015

Pays d’élevage, la France a lancé en 2012 un premier plan Ecoantibio. Son pari, celui d’une réduction de 25% en cinq ans de l’exposition des animaux à ces médicaments, est sur le point d’être gagné: en l’attente des chiffres de 2016, qui ne seront connus qu’au deuxième semestre 2017, cet indice a déjà diminué de 20% entre 2012 et 2015.

Idem pour les antibiotiques jugés critiques pour la santé humaine (fluoroquinolones, céphalosporines de dernières générations), dont plusieurs ont été interdits en 2016: en deux ans (2014-15), l’exposition des animaux a diminué de 21%, alors que l’objectif, fixé par la loi d’avenir pour l’agriculture d’octobre 2014, était de -25% sur trois ans.

Suite à cette «réussite collective», le ministère de l’agriculture a annoncé mercredi 19 avril le lancement d’Ecoantibio2, «davantage orienté que le [plan] précédent sur les mesures incitatives que réglementaires».

Alternatives aux antibiotiques, prévention

Parmi les points à approfondir, le ministère évoque la communication, la formation des professionnels, l’accès aux alternatives aux antibiotiques, ou encore l’amélioration des méthodes de prévention des maladies infectieuses. Parmi celles-ci, «les conditions et pratiques d’élevage», «la conception des bâtiments des bâtiments hébergeant les animaux», et l’incitation à l’usage de vaccins.

Quant aux traitements alternatifs, le plan énonce un soutien à la recherche sur «la phytothérapie, l’aromathérapie, la phagothérapie, etc.», et s’attachera à «mieux connaître les conditions techniques et réglementaires de [ces stratégies] en recherchant les références sur leur recours et leur rapport bénéfice/risque».

Peu d’objectifs chiffrés

A la différence de son prédécesseur, Ecoantibio2 ne comporte pas d’objectif chiffré en matière de réduction d’usage. Deux exceptions cependant: primo, l’exposition à la colistine -antibiotique utilisé en dernière ligne, et dont de nouvelles résistances inquiètent les infectiologues- devra être abaissé de 50% en cinq ans dans les filières bovine, porcine et avicole.

Secundo, «observer une tendance à la baisse sur l’ensemble des marqueurs d’antibiorésistance, et une réduction spécifique de 50% en cinq ans de la prévalence d'Escherichia coli BLSE [bêtalactamases à spectre élargi] sur les prélèvements de volailles (poulets de chair) au stade de la distribution»



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