Antibiorésistance: -25% d’antibiotiques d’ici 5 ans

Le 23 novembre 2011 par Romain Loury
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La France devra réduire son recours aux antibiotiques dans les élevages de 25% d’ici 5 ans, selon l’objectif fixé par le plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire (http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Plan_ABR-171111.pdf ) dévoilé jeudi dernier 17 novembre par le ministère de l’agriculture.

25.000 décès par an, 1,5 milliard d’euros de coûts de santé et de pertes de productivité: au niveau européen, le poids des souches résistances aux antibiotiques n’est pas mineur. Or la fréquence de ces souches ne cesse de croître, un phénomène en grande partie lié à l’utilisation inadéquate des antibiotiques dans les élevages.

En la matière, le bilan de la France n’est pas fameux: selon le dernier rapport annuel (http://www.anses.fr/Documents/PRES2011CPA30.pdf) de l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV), le niveau d’exposition globale des animaux aux antibiotiques a augmenté de 12,4% entre 1999 et 2010, malgré une légère amélioration depuis 2007. Dans son plan, le ministère se fixe une baisse de 25% de l’usage des antibiotiques d’ici 5 ans.

Dévoilé jeudi dernier, à la veille de la Journée européenne de sensibilisation à l’usage des antibiotiques, ce plan prévoit une formation accrue des agriculteurs et des vétérinaires, ou encore le développement d’outils de prévention des maladies, notamment en matière de biosécurité et de conception des bâtiments.

Il souhaite renforcer la recherche vaccinale, ainsi que celles de nouveaux antibiotiques qui seraient réservés aux animaux (afin d’éviter que les souches ne deviennent résistantes chez l’homme), tout en aidant au maintien sur le marché des anciennes molécules, peu rentables pour les laboratoires pharmaceutiques.

Il s’agira par ailleurs de dresser une liste des antibiotiques «critiques», à réserver en priorité à l’usage humain. Premières cibles, les fluoroquinolones et les céphalosporines de troisième et quatrième génération, dont il faudra limiter la prescription chez l’animal.

Quant au financement du plan, notamment en matière de recherche de nouveaux antibiotiques et de campagnes d’information, le ministère souhaite «étudier l’opportunité» d’une redevance sur les ventes d’antibiotiques. Une nouvelle taxe sur laquelle devra plancher le Conseil national de l’alimentation (CNA).

De son côté, la Commission européenne s’intéresse aussi de près au sujet, sur lequel elle a également lancé jeudi son propre plan, relatif non seulement à l’usage animal des antibiotiques, mais aussi à leur usage humain. Fin octobre, le Parlement avait adopté une résolution appelant à une «renonciation progressive» à l’usage prophylactique des antibiotiques.

Cet usage prophylactique (c’est-à-dire en prévention des maladies) consiste à mélanger les antibiotiques à l’eau et à la nourriture des animaux, et ce à des doses subthérapeutiques. Un dosage réduit qui favorise justement la survenue des résistances bactériennes...

 

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