Anthrax sibérien: les rennes dans le viseur russe

Le 03 octobre 2016 par Romain Loury
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Les Nenets, peuple nomade
Les Nenets, peuple nomade

Après un cas d’anthrax survenu en juillet en Sibérie, les autorités russes veulent employer la manière forte: abattre 250.000 rennes d’élevage, ou bien les parquer plus au sud. Une menace pour le peuple nomade Nenets, dont c’est là le principal moyen de subsistance.

Avec le réchauffement climatique, les étés se font de plus en plus chauds, même au nord de la Sibérie. Cet été, un enfant de 12 ans y est d’ailleurs mort de la maladie du charbon (ou anthrax), et une centaine de personnes en sont tombées malades, après que le corps d’un renne malade, enseveli depuis des décennies dans le pergélisol, s’est retrouvé à l’air libre.

Alors que la maladie du charbon, véhiculée par les rennes, pourrait encore rôder dans les troupeaux, le gouverneur du district autonome de Iamalo-Nénétsie, Dmitri Kobylkine, a proposé l’abattage de 250.000 rennes d’ici la fin de l’année, sur les 730.000 que compte la province. Car selon les autorités, les cervidés sont en surnombre, ce qui pourrait favoriser la circulation du virus.

Menace pour la toundra?

Autre argument avancé, ces troupeaux géants menaceraient la toundra. Dans la péninsule de Yamal, là où est réapparu l’anthrax, les pâturages suffiraient à nourrir 110.000 têtes, mais pas 300.000 comme on en compte actuellement, avance le Rosselkhoznadzor, agence russe en charge de la surveillance vétérinaire et phytosanitaire.

Au-delà de l’abattage, les autorités proposent de relocaliser ces rennes vers le sud, quitte à les parquer dans des enclos afin de permettre à l’écosystème de se régénérer.

Sédentariser les Nenets?

Dans les deux cas, la menace plane sur le peuple Nenets, nomade. Fait révélateur, les autorités ont d’ailleurs proposé aux éleveurs dont les rennes auront été abattus de les dédommager par une aide à l’acquisition d’un logement.

Inquiète pour l’avenir des Nenets, l’anthropologue Olga Murashko note que cette volonté de réduire les troupeaux, voire de sédentariser les Nenets, coïncide avec la récente émission de nombreux permis d’extraction de gaz dans la région.



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