Antennes: des villes pilotes pour le seuil de 0,6 V/m

Le 07 mai 2009 par Sabine Casalonga
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Mercredi 6 mai, à l’occasion de la première réunion thématique de la table ronde «Radiofréquences, santé et environnement», l'association Robin des toits a proposé de tester dans plusieurs villes pilotes le seuil qu’elle préconise de 0,6 volt par mètre (V/m) d'exposition aux antennes-relais de téléphonie mobile.

Parmi les communes, rurales et urbaines, volontaires pour cette expérimentation, figurent Courbevoie (Hauts-de-Seine), Hérouville-Saint-Clair (Calvados), Le Vigan (Gard) et Niergnies (Nord). Il s'agirait de tester «un système dans lequel les personnes ne seraient jamais exposées à plus de 0,6 V/m», a déclaré à l'AFP Etienne Cendrier, porte-parole de l’association. Ce test concernerait le niveau d'exposition, c'est à dire «la dose que les gens prennent», et pas la puissance des antennes. Aujourd’hui, les valeurs limites d'émission des antennes sont de 41 à 61 V/m selon les fréquences utilisées (1). «Si le seuil de 0,6 V/m était retenu pour l'exposition des personnes à l'intérieur des maisons, il faudrait couvrir la France avec un nombre extraordinairement élevé d'antennes», a fait valoir à l’AFP Jean-Marie Danjou, délégué général de l'Association française des opérateurs mobiles (Afom).

Lundi 4 mai, une école proche d’une antenne-relais a été fermée au motif du principe de précaution, suite à un arrêté de fermeture temporaire pris par le maire de la commune de Château-Thierry (Aisne). L'opérateur Orange avait obtenu de la municipalité «une autorisation d'exploitation à une distance de 98 mètres par rapport à l'école, alors que dans les faits, elle se situe à 68 m de l'école», a indiqué le maire à l’AFP. Les 180 élèves ont été répartis dans les autres écoles de la ville. Le porte-parole d'Orange s’est déclaré «assez surpris» de la décision du maire soulignant qu'il n'existait «aucune réglementation nationale ou européenne évoquant une obligation de distance minimale» entre une antenne-relais et une école.

Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris, qui a participé au nom de l'Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) à la réunion du «Grenelle des ondes» a plaidé en faveur d'une réglementation sur la puissance des antennes. Il a aussi évoqué une proposition de l'AMGVF: créer des «plans d'occupation des toits» ou des «plans de déploiement des antennes» municipaux, permettant par exemple de privilégier des mini-antennes.

Jean-François Girard, président des réunions thématiques a indiqué la tenue d’une réunion supplémentaire le 20 mai, quelques jours avant la table ronde finale prévue le 25 mai.

Janine Le Calvez, présidente de l'association Priartem (2) a constaté une volonté d'ouverture et de dialogue. "Le terme 'incertitudes'employé à plusieurs reprises quant à l'impact des antennes démontre une inflexion du débat". Conformément aux attentes des associations, l'Etat s'est engagé à convoquer deux experts scientifiques, Michaël Kundi, épidémiologiste à l’université de médecine de Vienne (Autriche) et Lennart Hardell, professeur en cancérologie à l’université d’Orebro (Suède) ainsi qu'un représentant de la ville de Salzbourg (Autriche) qui impose un seuil de 0,6V/m.

(1) 41 V/m pour les GSM (900 MHz), 58 V/m pour les DCS (1.800 MHz) et 61 V/m pour l’UMTS (2.100 MHz)
(2) Pour une réglementation des antennes-relais de téléphonie mobile


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