Antarctique: nouvelles tentatives en faveur de sanctuaires marins

Le 21 octobre 2014 par Stéphanie Senet
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La légine antarctique est directement menacée
La légine antarctique est directement menacée

L’Antarctique va-t-elle enfin être dotée d’aires marines protégées? C’est la question à laquelle devra répondre la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR), dont la 33ème réunion annuelle se tient du 20 au 31 octobre à Hobart en Tasmanie (Australie).

L’Australie a bon espoir. Elle estime que son projet de créer un vaste sanctuaire marin d’un million de kilomètres carrés en Antarctique de l’Est, soutenu par la France et l’Union européenne, a de bonnes chances d’être retenu par la CCAMLR. Pour cela, aucun des 25 membres[1] ne doit apposer son veto. Rien n’est toutefois gagné, même si Canberra a revu son projet à la baisse. En juillet 2013, sa proposition de créer un sanctuaire marin beaucoup plus grand (1,6 million de kilomètres carrés), composé de 7 aires marines protégées (AMP), s’était en effet heurté à l’opposition de la Russie et de l’Ukraine, deux pays dont les bateaux de pêche fréquentent régulièrement les eaux antarctiques. Canberra a donc veillé à autoriser dans cette zone la pêche commerciale et la recherche sous certaines conditions.

«Cette réduction d’échelle répond aux préoccupations de certains pays qui estimaient que la zone était trop vaste», a expliqué le chef de la délégation australienne, Tony Fleming. «Nous sommes toutefois confiants que cette nouvelle proposition apportera une protection adéquate à des zones représentatives de la biodiversité de la région, comme les aires d’alevinage de légines (Dissostichus) et de krill (Euphausia superba) et les aires d’alimentation de mammifères marins et de pingouins», a-t-il ajouté.

 

Un autre sanctuaire en mer de Ross

De leur côté, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis proposent une nouvelle fois de créer un sanctuaire marin de 1,3 million de kilomètres carrés en mer de Ross, dans l’océan austral, où la pêche serait presque totalement exclue. Un projet également retoqué en juillet 2013 par la CCAMLR.

L’Alliance de l’océan Antarctique (AOA), qui regroupe une trentaine d’ONG, a exhorté la Commission à soutenir ses engagements de conservation et à accepter ces deux propositions, en insistant sur leur légalité. L’an dernier, la Russie les avait en effet écartées en arguant de l’incompétence de la CCAMLR pour les créer.

L’océan austral abrite des milliers d’espèces uniques, dont la plupart des espèces mondiales de manchots, de baleines, et d’oiseaux marins. Sans oublier le calmar colossal (Mesonychoteuthis hamiltoni) ou les légines australes et antarctiques, dont les stocks sont fortement menacés. La région est aussi essentielle à la recherche scientifique sur le fonctionnement des écosystèmes marins et les effets du changement climatique, même si elle montre déjà des signes de vulnérabilité avec la fonte de ses glaciers.



[1] 24 pays et l’Union européenne

 



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