Antarctique: les projets de sanctuaire échouent de nouveau

Le 03 novembre 2014 par Stéphanie Senet
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Le manchot empereur dans la mer de Ross
Le manchot empereur dans la mer de Ross
©John B. Weller courtesy The Pew Charitable Trusts

Pour la 4e année consécutive, la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) a échoué à créer une zone marine protégée dans la mer de Ross et dans la région côtière de l’est, à l’occasion de la conférence annuelle de Hobart (Australie) qui s’est tenue jusqu’au 31 octobre.

L’Australie avait pourtant bon espoir, après avoir revu à la baisse son projet de sanctuaire marin en Antarctique de l’est, soutenu par la France et l’Union européenne. Mais la Chine et la Russie ont opposé leur veto, faisant capoter la proposition australienne ainsi que la néo-zélandaise (projet de sanctuaire en mer de Ross excluant toute activité de pêche).

«C’est consternant de voir que, bien que la majorité des états membres de la CCAMLR [24 pays et l’Union européenne, ndlr] aient été tout à fait disposés à mettre en place d’importantes mesures de protection dans les eaux de l’Antarctique, la Chine et la Russie ont encore une fois contrecarré tous les efforts de négociation pour parvenir à un résultat positif», a réagi Mark Epstein, directeur exécutif de la Coalition de l’océan Antarctique et austral (OCOA), membre de l’Alliance de l’océan Antarctique (AOA)[1].

«Durant une année supplémentaire, ces eaux et leur remarquable biodiversité vont être exposées à la menace de la pêche industrielle. Les mesures proposées auraient pourtant permis d’assurer à long terme la protection de nombreuses espèces comme les pingouins, les phoques et les baleines», a commenté de son côté Andrea Kavanagh, de l’ONG Pew, également membre de l’AOA.

L’océan austral abrite des milliers d’espèces uniques, dont la plupart des espèces mondiales de manchots, de baleines, et d’oiseaux marins. Sans oublier le calmar colossal (Mesonychoteuthis hamiltoni) ou les légines australes et antarctiques, dont les stocks sont fortement menacés. La région est aussi essentielle à la recherche scientifique sur le fonctionnement des écosystèmes marins et les effets du changement climatique, même si elle montre déjà des signes de vulnérabilité avec la fonte de ses glaciers.

 



[1] L’Alliance de l’océan Antarctique regroupe une trentaine d’ONG dont Pew, Greenpeace, et WWF.

 



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