Antarctique: les poissons de la mer de Ross ne sont pas sortis du filet

Le 19 mars 2013 par Marine Jobert
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La mer de Ross, au sud-ouest de l'Antarctique.
La mer de Ross, au sud-ouest de l'Antarctique.
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Sur le papier, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et les Etats-Unis aspirent à la même chose que la coalition de 16 ONG rassemblées au sein de l’Antarctic Ocean Alliance: la sanctuarisation de la mer de Ross. Dans les faits, les manchots Adélie, les manchots empereurs et la légine australe ne sont pas au bout de leurs peines. Car cette zone marine de quelque 3,6 millions de kilomètres carrés, à la biodiversité foisonnante, est notamment menacée par la pêche intensive. Or les projets de réserve des Etats ne mentionnent pas l’interdiction de la pêche commerciale et veulent limiter l’aire de protection à 1,9 million de km2.

 

La lecture du discours du secrétaire d’Etat américain John Kerry, pendant une réunion de l’ONG Pew Charitable Trust, donne une idée assez précise de l’option retenue par les Américains. «L’Antarctique est un lieu exceptionnel qui collectionne les superlatifs. C’est la zone la plus haute, la plus froide, la plus venteuse, la plus sèche, la plus immaculée et la plus éloignée de la Terre.» C’est aussi une zone d’expérimentations scientifiques, poursuit-il. Après avoir cité deux découvertes réalisées dans cette zone, John Kerry livre sa pensée: «Imaginez donc les possibilités de ces découvertes qui nous attendent si nous avons les moyens d’encourager nos inventeurs et d’atteindre la préservation maximale de l’opportunité que constitue ce laboratoire.»

 

Cette déclaration intervient alors que l’organisme intergouvernemental chargé de la gestion des mers australes –Commission for the Conservation Antarctic Marine Living Resources- définit un réseau de réserves marines. Une idée soufflée, dès octobre 2011, par l’Alliance de l’Océan Antarctique[1], qui proposait la création d’un réseau de zones marines protégées (ZMP) et de réserves marines interdites à la pêche dans 19 régions spécifiques de l’océan Austral autour de l’Antarctique. Des décisions prises à huis clos, ce que déplore la coalition d’ONG, qui a lancé une pétition pour exiger la création d’une zone inviolable. La mer de Ross revêt en effet une importance stratégique, puisque qu’elle servira de «zone de référence climatique cruciale et de refuge climatique pour des espèces qui dépendent de la glace (…) La proposition pourrait aider les populations de baleines, de phoques et de poissons qui subissent encore les conséquences d’une surexploitation historique», précisent les ONG.

 La prochaine réunion de la Commission for the Conservation of Antarctic Marine Living Resources aura lieu à Bremerhaven (Allemagne), les 15 et 16 juillet prochains.



[1] Une coalition internationale d’organisations dans le domaine de l’environnement et de la conservation et d’organisations philanthropiques.

 



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