Antarctique: huitième échec pour le sanctuaire marin

Le 04 novembre 2019 par Stéphanie Senet
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Le projet franco-asutralien visait à créer une vaste AMP dans l'Est de l'Antarctique
Le projet franco-asutralien visait à créer une vaste AMP dans l'Est de l'Antarctique

Cette année encore, la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCMALR) a échoué à créer une nouvelle aire marine protégée (AMP), à cause du blocage de la Chine et de la Russie.

L’exploit de 2016 ne s’est pas répété. Proposée par la France et l’Australie, la création d’une vaste AMP dans l’Est de l’Antarctique n’a toujours pas été adoptée par la 38e réunion annuelle de la CCMALR[1], qui s’est achevée le 1er novembre à Hobart (Australie). Formulé dès 2011 et désormais réduit à trois zones recouvrant 950.000 kilomètres carrés, ce projet a été repoussé par la Chine et la Russie qui lorgnent sur le krill et la légine antarctique et australe. Laconique, la CCMALR a indiqué que le sujet serait «rediscuté lors de la réunion de 2020».

Ecosystèmes perturbés

Pour l’heure épargnée par la pêche commerciale (exception faite de la légine), cette zone abrite des milliers d’espèces à protéger, dont d’importantes populations d’oiseaux (manchots), des phoques (surtout le Phoque crabier), et des baleines (Rorqual bleu). Elle joue aussi un rôle majeur dans la lutte contre le réchauffement en stockant d’importantes quantités de CO2, qui s’avère plus soluble dans les eaux froides. Les densités de krill antarctique –la base de l’alimentation de nombreux oiseaux et mammifères marins- ont par ailleurs baissé de près de 30% depuis les années 80, sans doute à cause de la baisse de la durée et de l’étendue vers le Nord de la banquise.

Huitième échec

«Face à la perte croissante de biodiversité et aux menaces de la crise climatique, il est décourageant d’observer que la CCAMLR n’a pas réussi à protéger les eaux de l’Antarctique oriental et ce, pour la huitième année consécutive. Nous avons pourtant assisté à de multiples échecs de reproduction des colonies de manchots Adélie, à une perte d’habitat dans toute la région, à un effort de pêche concentré sur le krill et aux températures les plus chaudes jamais enregistrées dans l’océan Austral», a commenté Andrea Kavanagh, de l’ONG Pew. «Il n’est pas acceptable que la pêche dans l’océan Austral augmente chaque année, alors que l’établissement de zones de protection marines est en pleine stagnation», a complété Frida Bengtsson, de Greenpeace.

 



[1] Cette organisation consensuelle est composée de 25 Etats membres et de l’Union européenne

 



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