Annulation de la première expérience de géo-ingénierie

Le 16 mai 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Arrêt de la brumisation par ballon.
Arrêt de la brumisation par ballon.

L’université de Bristol a confirmé à Nature qu’elle renonçait à mener le premier essai de géo-ingénierie.

La nouvelle avait fait grand bruit, l’été dernier. Des scientifiques britanniques annonçaient vouloir mener la première expérimentation à l’air libre de modification du climat par géo-ingénierie. Réalisée dans le cadre du programme Spice, dirigé par Matthew Watson de l’université de Bristol, cette expérience visait à brumiser de l’eau à une altitude de 1.000 mètres, à partir d’un ballon captif. Anodin, ce test visait à valider une technique très contestée de réduction du flux solaire (SRM): l’une des voies de la géo-ingénierie [JDLE].

Imaginé par le prix Nobel de chimie Paul Crutzen, ce concept consiste à mimer une éruption volcanique en pulvérisant des particules de sulfate dans l’atmosphère afin de diffracter les rayons du soleil et renvoyer leur chaleur dans l’espace. A la suite de la puissante éruption du Pinatubo (Philippines), en 1991, la température moyenne globale était ainsi descendue de 0,5°C durant près de deux ans.

En cas de réussite, la première expérience Spice devait être suivie par une injection dans l’atmosphère de particules de sulfate, ouvrant la voie au déploiement de la SRM.

Simple sujet de recherche pour le moment, la SRM est déjà combattue par nombre de scientifiques. Lesquels lui reprochent de masquer le changement climatique et de ne régler en rien le problème. Pour refroidir la terre, il faudrait injecter des sulfates pendant des décennies, soulignent-ils. Et gare à la moindre panne technique qui ferait brutalement grimper la température globale. Autre crainte: les effets rafraichissants ne seraient pas homogènes. Certaines régions pourraient retrouver le climat d’antan pendant que d’autres continueraient à voir le mercure grimper.

Des perspectives que ne goûtent guère certaines organisations, comme ETC Group. Spécialisée dans la dénonciation des «dérives scientifiques», l’association canadienne avait demandé, en vain, au gouvernement britannique de suspendre le programme Spice.

Ni l’éthique, ni les préoccupations environnementales ne sont à l’origine de l’abandon du projet. Dans l’entretien qu’il a accordé à Nature, Matthew Watson évoque l’absence de cadre réglementaire. La revue scientifique indique aussi que des membres de l’équipe avaient fait breveter «un dispositif permettant de transporter et de diffuser des particules solides dans la stratosphère»: un parfait résumé des dispositifs que devaient mettre en œuvre les chercheurs britanniques. Et un sacré conflit d’intérêt en perspective.



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