Année énergétique mitigée pour la France

Le 21 avril 2006 par Enerpresse
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Le ministre délégué à l’industrie, François Loos, a annoncé le 27 avril tout à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.

La mauvaise, c'est que le montant de la facture énergétique de la France a progressé de 35%, l'an passé, pour s'établir à 38 milliards d'euros. «La bonne nouvelle, a précisé le ministre, c'est que le poids de l'énergie reste deux fois moins lourd qu'en 1981.» Certes, mais pour les ménages actuels, l'inflation est bien perceptible. Un «foyer moyen» a dépensé, en 2005, 5,9% de plus qu'en 2004 pour se chauffer et 10,3% de plus pour sa voiture. «Globalement, un foyer a consacré 1.300 euros par an pour se chauffer et s'éclairer et 1.000 euros de carburants», a expliqué François Loos. L'essentiel de la facture provient, bien sûr, des dépenses d'hydrocarbures, mais aussi de charbon. Une précieuse houille qu'il a bien fallu acheter pour compenser les faiblesses de la production hydroélectrique. Ce qui offre du même coup à la France une légère augmentation de ses émissions de CO2: +0,3% (14% pour le seul secteur de la production d'électricité).

L'inflation des prix de l'énergie a quelques heureuses conséquences. Sur le plan industriel, l'efficacité énergétique finale baisse de 1,6%. Une performance assez proche de celle demandée par la loi de 2005 pour 2015 (-2%). Les consommateurs changent petit à petit de comportement. Pour avoir moins pris l'avion et leur voiture, les Français ont fait baisser de 1,1% la consommation de carburants. Plus inquiétant, constate le ministre, «dans l'habitat neuf, il y a un engouement pour les installations de chauffage électrique»; un système de chauffage dont les performances énergétiques sont particulièrement désastreuses. Un engouement dont on n'ose pas croire qu'il soit à l'origine du démarrage retardé des certificats d'économie d'énergie. Instrument dont le ministre a situé le lancement «dans quelques semaines ou quelques mois.» Les nouveaux tarifs gaziers, en revanche, seront connus plus tôt: sans doute à l'issue de la prochaine réunion de la Commission de régulation de l'énergie, le 28 avril. A la question de savoir si les tarifs de l'électricité allaient suivre une pente comparable à celle du gaz, le ministre s'est contenté de répondre qu'il n'était pas «obligé de suivre la demande d'EDF.»