Anne Le Strat prépare sa contre-attaque

Le 15 décembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Avant de passer à la contre-offensive, Anne Le Strat a décidé de mobiliser autour d'elle. Petit récapitulatif des faits. Contre toute attente, l'adjointe au maire de Paris est élue, le 29 septembre dernier, à la tête du comité de bassin de l’Agence Seine-Normandie, le plus important de France. Ce dernier couvre en effet 25 départements et dispose surtout d'un budget de près d'un milliard d'euros.

Une présidence stratégique pour la gestion de l’eau en Ile-de-France, qui était depuis 2005 sous le contrôle d’André Santini, député-maire du Nouveau Centre, d’Issy-les Moulineaux.
 
Contestant l’élection de l’élue apparentée socialiste, l’ancien secrétaire d’Etat à la fonction publique a déposé un recours devant le tribunal administratif de Cergy. Un recours, intenté début octobre, mais qui ne relevait pas d’une procédure en référé. Et pourtant, le dossier a été instruit en moins de deux mois!
 
Les avocats de la présidente de la régie Eau de Paris apprennent, le 24 novembre, que le délibéré se tiendra sous 15 jours et que la décision sera notifiée sous 3 semaines, soit vers mi-décembre. Mais 6 jours plus tard, le tribunal indique sur son site, le 30 novembre au soir, qu’il a rendu son jugement la veille et notifié sa décision aux parties prenantes. «Quelle accélération du temps!», observe Anne Le Strat, qui n’a été informée de l’invalidation de son élection que le 2 décembre au matin, quelques heures après la publication par le journal le Figaro d’un article sur le sujet.
 
Il aura donc fallu quelques jours à l’équipe d’Anne Le Strat pour organiser la contre-attaque. 70 membres du comité de bassin Seine-Normandie, dont certains élus de droite, soutenus par les 7 présidents de conseil régional du bassin, dont celui de l'Ile-de-France, le socialiste Jean-Paul Huchon, ont lancé cette semaine un appel à André Santini.
 
Préoccupés par le bon fonctionnement du comité, ils souhaitent l’organisation de nouvelles élections et argumentent: «Comme l'a montré le report de la réunion (du 1er décembre), le comité est aujourd'hui ingouvernable. C'est avec gravité et dans un souci d'apaisement et d’efficacité que nous demandons, au nom de l'intérêt des 18 millions d'habitants du bassin, qu’un vote de confiance sur la présidence ait lieu. Il devrait s’exprimer par le biais des nouvelles élections le plus rapidement possible».
 
«Je trouve dommage que l’on décide de la gouvernabilité de ce comité par voie judiciaire», regrette l’élue apparentée socialiste de la mairie de Paris. Mais elle n’envisage pas pour autant de laisser tomber l’affaire. Elle a deux mois pour faire appel et compte bien déposer un recours. La question étant de savoir devant quelle administration: cour administrative d'appel ou Conseil d’Etat? En d’autres termes, s’avoir s’il s’agit d’attaquer sur la forme ou sur le fond. Anne Le Strat ne cache pas sa préférence pour que le recours soit suspensif. «Si la procédure dure 2 ou 3 ans, ce sera grotesque. Le mandat du président du comité est de 3 ans!»
 
Avant d’ajouter: «Mon élection a provoqué des attentes fortes en matière de débat démocratique au sein du comité de bassin. Des attentes qui ont été aussi vite douchées par cette invalidation». Puis elle glisse au passage qu’«il n’est pas exclu que les réseaux de Veolia soient intervenus». Anne Le Strat reste sensible à ces propos rapportés. Il faut dire qu’en 2010, Veolia Environnement a perdu, contre la mairie de Paris, la délégation de la gestion de l'eau de la capitale.
 
La prochaine réunion du comité de bassin est prévue pour le 5 janvier prochain, sous la présidence d’André Santini.
 
 
 


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