Animaux sains exemptés de tests ESB: les réserves de l’Anses

Le 02 mai 2013 par Romain Loury
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Des incertitudes persistent sur la répartition des tissus infectieux chez un bovin infecté.
Des incertitudes persistent sur la répartition des tissus infectieux chez un bovin infecté.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) se montre hésitante quant à l’exemption du dépistage de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) à l’abattoir, dans un avis publié le 30 avril.

Mis en place en 2001, le dispositif européen de dépistage de l’ESB reposait sur le test d’animaux sains de plus de 30 mois, et sur celui des animaux à risque (abattage d’urgence, équarrissage, signes de maladie, etc.) de plus de 24 mois. Face à la chute des cas détectés, cet âge minimal a progressivement été relevé à 72 mois pour les premiers, à 48 mois les seconds. Et ce jusqu’en décembre dernier, lorsque la Commission européenne a finalement décidé d’en finir avec le dépistage des animaux sains, tout en gardant le seuil de 48 mois pour les animaux à risque –excepté pour la Bulgarie et la Roumanie (voir le JDLE).

Inspirée par un avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) d’octobre dernier, la décision a été prise à l’unanimité des membres du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (CPCASA) de la Commission… à l’exception de la France et de l’Allemagne. Dans un précédent avis de février 2011, l’Anses s’était certes montrée favorable à un relèvement de l’âge de détection des animaux sains, jusqu’à 7 ans (84 mois), ce qui «permettait de dépister les cas d’ESB atypique et les derniers cas d’ESB classique chez des animaux âgés, nés avant le 1er juillet 2001».

Une position réaffirmée par 4 experts dans le nouvel avis de l’Anses, alors que 3 autres se disent favorables à l’exemption totale de dépistage des animaux sains. Ces divergences concernent le retrait des matériaux à risque spécifiés (MRS), protection clairement avérée pour l’ESB classique, mais seulement «vraisemblable» pour l’ESB atypique: «compte tenu du faible nombre d’études venant documenter à ce jour la répartition des tissus infectieux chez un bovin infecté par les agents des ESB atypiques, des incertitudes persistent», indique l’Anses. Or c’est ce niveau d’incertitude qui divise les experts de l’Anses.

Pour l’agence, il s’agirait de «renforcer l’effort de recherche concernant la répartition tissulaire de l’agent des ESB atypiques», tout en poursuivant l’évaluation de l’allègement du dépistage sous un angle «socio-économique», ce qui permettrait de mieux guider la décision. Au niveau européen, exempter les animaux sains du test ESB permettrait d’économiser 36 millions d’euros, a estimé la Commission en décembre.

En France, le nombre de cas d’ESB détectés en abattoir est passé de 84 cas en 2001 à 0 cas en 2011 et 2012. Sur l’ensemble des cas recensés entre 2000 et 2012 figurent 6 cas d’ESB atypique, dont le dernier recensé en 2009. A ce jour, seul le prion responsable des cas d’ESB classique s’est avéré transmissible à l’homme. [1] A risque d’héberger le prion, et donc d’être infectieux, ces MRS sont systématiquement retirés chez tous les animaux abattus. Ils comprennent le système nerveux central (cerveau moelle épinière, yeux), la rate, le thymus, les amygdales et l’iléon (extrémité de l’intestin).

 

[1] A risque d’héberger le prion, et donc d’être infectieux, ces MRS sont systématiquement retirés chez tous les animaux abattus. Ils comprennent le système nerveux central (cerveau moelle épinière, yeux), la rate, le thymus, les amygdales et l’iléon (extrémité de l’intestin).



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