Animaux GM: le lait hypoallergénique de Daisy

Le 10 octobre 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Daisy, la vache sans queue.
Daisy, la vache sans queue.
AgResearch

Une équipe néo-zélandaise a mis au point, par modification génétique, une vache dont le lait est dénué d’un important allergène, la bêta-lactoglobuline, lors de travaux publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Dénommé Daisy, ce veau femelle mis au point par la société de biotechnologie AgResearch a été obtenu en inactivant le gène codant pour la bêta-lactoglobuline, selon une technique jusqu’alors inédite chez un bovin. D’abord testée chez la souris, cette méthode, dite d’ARN interférence, a permis l’élimination de l’allergène du lait de Daisy.

Son principe: introduire dans les cellules souches des gènes codant pour de petits ARN (les micro-ARNs), dont la séquence est complémentaire du gène que l’on souhaite inactiver. Par un mécanisme encore peu compris, le gène en question se trouve réprimé, sans toutefois être supprimé. D’où la nécessité pour les chercheurs de voir si, une fois Daisy à l’âge adulte, son lait demeurera hypoallergénique. En raison de son jeune âge, son lait n’a pu être obtenu qu’en induisant la lactation de manière hormonale.

Selon les auteurs, la fonction biologique de la bêta-lactoglobuline, absente du lait humain, demeure inconnue. «On considère généralement que l’on peut la retirer sans trop altérer les propriétés du lait», assurent les chercheurs. Reste tout de même à expliquer pourquoi le lait de Daisy est deux fois plus concentré en caséine qu’un lait normal, et surtout pourquoi elle est dépourvue de queue.

Entre autres possibilités, cette mutation, rare chez les bovins, pourrait avoir été causée par l’insertion du transgène, ou avoir été déjà présente dans les cellules souches, avant même leur modification. Selon GE-Free New Zealand, association de lutte contre les OGM, «il ne s’agit pas d’une avancée, mais d’une recherche effrayante». D’une part plusieurs travaux montreraient que la bêta-lactoglobuline remplit bien un rôle biologique, notamment dans le transport des lipides, d’autre part il existe des méthodes pour la retirer du lait -coûteuses selon les auteurs de l’étude.

Au-delà du lait hypoallergénique, AgResearch entrevoit déjà quelques cousins à Daisy. «La technique consistant à utiliser des micro-ARNs constitue un outil efficace pour modifier d’autres traits du bétail, par exemple afin de produire des animaux avec une résistance accrue aux maladies et/ou un meilleur rendement de lactation», prévoit la société dans un communiqué.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus