Anguilles et anchois: des désaccords européens

Le 18 avril 2007 par Agnès Ginestet
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Dans le cadre du Conseil agriculture et pêche qui s’est tenu le 16 avril, les questions sensibles de l’anguille et de l’anchois ont été abordées. Les 27 ministres chargés de la pêche se sont également penchés sur la création d’un écolabel dédié aux produits de la pêche.

La présidence allemande a renoncé à faire voter la proposition de règlement instituant des mesures de reconstitution du stock d'anguille européenne, dont l'élément principal est l'élaboration de programmes nationaux de gestion de l'anguille. Le Conseil a donc demandé au Comité des représentants permanents de trouver une solution, le but étant de parvenir à un accord politique en mai ou juin.

A l'origine des désaccords, la France, qui a «refusé l'obligation que la Commission voulait faire aux pêcheurs français et espagnols de réserver 75% de leurs prises au repeuplement des cours d'eau de l'Europe de l'Est et du Nord». C'est ce qu'indique le ministère chargé de la pêche dans un communiqué. Il juge cette mesure «injuste et confiscatoire», et précise que la France a reçu le soutien des Espagnols, Italiens, Hongrois et Roumains. Dominique Bussereau, ministre français en charge de la pêche, a défendu la proposition de «renvoyer aux plans de gestion par bassin les modalités de mise en oeuvre du repeuplement et de renforcer les mesures de contrôle». Dans un document de synthèse publié en juillet 2004, le Comité consultatif de la pêche et de l'aquaculture (CCPA) avait indiqué être «profondément inquiet de la diminution continue des stocks d'anguilles d'Europe dans l'ensemble de l'Europe».

L'anchois constitue un autre sujet de discorde. Selon le communiqué du ministère chargé de la pêche, la France et l'Espagne ont accepté de ne pas pêcher ce poisson dans le golfe de Gascogne en 2007, au profit d'une pêche uniquement à but scientifique, conformément à un accord datant de décembre 2006. Mais selon le ministère français, la ministre espagnole estime que la France «ne jouerait pas le jeu». «Nous ne sommes pas encore en mesure de le confirmer totalement pour l'instant, mais tout indique que la France a utilisé des bateaux pour pêcher l'anchois, et de ce fait, elle n'a pas respecté les accords. Nous allons communiquer cela au commissaire pour nous assurer que les campagnes scientifiques soient réalisées selon les quotas fixés en décembre», aurait-elle déclaré. La France et l'Espagne, dont respectivement 8 et 20 bateaux sont censés participer aux pêches expérimentales, n'ont que jusqu'au 15 juin pour réaliser un état des lieux de l'anchois.

Enfin, le question de l'écolabel pour les pêcheries, proposé par la Commission, a été abordée lors du Conseil. La création d'un étiquetage écologique des produits de pêche doit permettre de renforcer l'intégration des aspects environnementaux de la politique commune des pêches. La plupart des délégations ont indiqué être en faveur de l'établissement de critères minimums concernant des dispositifs d'écolabels volontaires. Le Conseil a donc préféré cette option aux deux autres proposées par la Commission, à savoir ne rien faire ou créer un programme communautaire unique d'étiquetage.

Au même moment, des grandes surfaces européennes, dont Auchan et Wal-Mart, appellent à une réduction par deux des quotas de thon rouge dans l'Union européenne. Elles ont signé une lettre adressée à la Commission car, selon ces enseignes, ce poisson pourrait bientôt disparaître de la mer Méditerranée.




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