Andes boliviennes: les glaciers ont fondu de moitié en 30 ans

Le 20 octobre 2016 par Romain Loury
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Les glaciers andins en pleine débâcle
Les glaciers andins en pleine débâcle

Du fait du réchauffement climatique, les glaciers boliviens ont perdu près de la moitié de leur superficie en 30 ans, révèle une étude publiée jeudi 20 octobre dans The Cryosphere, revue de l’Union européenne pour les géosciences (EGU). Outre une pénurie d’eau, cette fonte rapide engendre de nouveaux lacs, à risque de vidange brutale.

Comme l’Himalaya, les Andes voient leurs glaciers fondre à grande vitesse sous les coups du changement climatique. Première étude menée sur les glaciers boliviens (20% des glaciers tropicaux dans le monde), celle publiée jeudi 20 octobre par Simon Cook, de la Manchester Metropolitan University (Royaume-Uni), et ses collègues révèle l’ampleur du phénomène, inquiétant à plusieurs égards.

Selon des données satellitaires, les glaciers boliviens ont perdu 43,1% de leur superficie en près de 30 ans, passant de 529,3 km2 en 1986 à 301,2 km2 en 2014. Dans la région de Tres Cruces, à l’ouest du pays, le recul atteint même 47,3%. A ce rythme-là, seuls 10% des glaciers de 1986 pourraient encore subsister à la fin du 21ème siècle.

Comme dans le massif himalayen, cette fonte accélérée augure de graves problèmes d’eau: environ 15% de l’eau abreuvant les 2,3 millions d’habitants de la capitale administrative bolivienne, La Paz, et de sa voisine El Alto, provient des glaciers -un pourcentage qui double à la saison sèche.

Des lacs instables

Ce recul des glaciers constitue aussi un danger majeur pour les riverains: en 30 ans, la fonte a fait naître de nombreux lacs glaciaires, dont la stabilité est loin d’être assurée. Les chercheurs en ont identifié 25 à risque élevé de vidange soudaine: pour le plus grand d’entre eux, dans la région de Las Cruces, le flux pourrait atteindre 127.000 m3, soit l’équivalent d’environ 50 piscines olympiques, par seconde.

Un tel accident s’est déjà produit en 2009, dans la cordillère d’Apolobamba (à l’est du pays): s’il n’a par chance causé aucun décès humain, il a ravagé des élevages et des terres agricoles, et détruit une route, isolant un village pendant un mois. «Comme ces endroits sont très isolés et très éloignés des villes, les autorités nationales et le grand public ne sont pas conscients des nouveaux dangers auxquels les habitants font face à cause du changement climatique, et il n’y a pas de mesures appropriées», commente l’un des co-auteurs de l’étude, Dirk Hoffmann.



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