Anatoly Tchoubaïs, le géant qui pousse les nano russes

Le 07 décembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Anatoly Tchoubaïs préside le GIE Rusnano.
Anatoly Tchoubaïs préside le GIE Rusnano.
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Un oligarque propose une nouvelle stratégie d'adaptation.

On avait un peu vite enterré l’Ours russe. Ce lundi 7 décembre, alors que débute la seconde semaine de négociation, Anatoly Tchoubaïs a présenté un nouveau pan de la stratégie climatique russe. Inconnu des médias français, l’homme connaît parfaitement le sujet climat. Et pour cause: 8 années durant, l’ancien homme le plus impopulaire de Russie (il a été l’un des artisans des privatisations sauvages qui ont suivi la chute de l’URSS) a dirigé SUE, l’ancien monopole de l’électricité.

Cibler les matériaux de base

Richissime, l’oligarque dirige depuis 7 ans Rusnano, un conglomérat public-privé russe entièrement dédié aux nanotechnologies. Un sujet inapproprié dans l’enceinte de la COP 21? Pas pour l’ancien vice-Premier ministre de Boris Eltsine. «Jusqu’à présent, la stratégie climatique russe a été essentiellement sectorielle. D’un côté l’énergie, de l’autre les transports ou les logements», résume-t-il. Une version que ne dément pas l’INDC[1] russe. «Mais on peut regarder les choses sous un autre angle, poursuit l’économiste. Par exemple, les matériaux de base (acier, plastiques, ciment, béton) sont à l’origine de 28% des émissions russes. Alléger leur bilan carbone profite à tous les secteurs.»

Et c’est précisément le pari relevé par les dizaines de labo affiliés à Rusnano. «Sur les 106 programmes de recherche que nous conduisons, 26 contribueront à réduire, dès 2020, les émissions russes de 160 millions de tonnes de CO2 par an», avance Anatoly Borisovich: l’équivalent de 9% des émissions russes actuelles.

Tout dans les nanotubes de carbone

La botte secrète de l’ancien électricien: les nanotubes de carbone. Plus exactement: la production de ces nano-matériaux. «Nous sommes parvenus à diviser par 70 leur coût de fabrication, claironne-t-il. Et avec 0,1%, vous doublez les performances de l’aluminium. En en mettant encore 10

 fois moins, vous décuplez la conductivité électrique des plastiques. Mieux, en les mélangeant au béton, à 0,001%, vous augmentez d’un facteur 2 la résistance de ce matériau de construction.»

En produisant des matériaux de base plus résistants et plus performants, Anatoly Tchoubaïs ambitionne non seulement d’améliorer l’efficacité énergétique des aciéries, raffineries et autres cimenteries, mais aussi de réduire les tonnages utilisés dans chaque chantier.

A la question de savoir ce qu’il espère comme issue de la conférence de Paris, le géant roux dit espérer un accord juridiquement contraignant. Qui contraindrait à mettre des nano partout?



[1] INDC: contribution décidée à l’échelle nationale

 



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