Amphibiens: les inégalités de genre, gage de réussite

Le 19 février 2015 par Romain Loury
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Un couple de rainettes aux yeux rouges
Un couple de rainettes aux yeux rouges
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Réchauffement, pollution chimique, destruction de l’habitat, maladies… de 30% à 40% des amphibiens seraient menacés d’extinction. Parmi les espèces qui s’en sortent le mieux, celles où le mâle et la femelle ne se ressemblent pas, une caractéristique dénommée dimorphisme sexuel, révèle une étude publiée dans les Proceedings of the Royal Society B.

Présent chez de nombreuses espèces sur l’ensemble du règne animal, le dimorphisme sexuel se caractérise très souvent par des différences de couleur entre mâles et femelles, ainsi que de taille. Tel est le cas chez de nombreux amphibiens, où la femelle est plus grosse que le mâle.

Or les effets du dimorphisme sexuel sont peu connus sur le devenir de l’espèce, notamment face au risque d’extinction. Certains chercheurs affirment qu’il constitue un handicap en accroissant les ressources nécessaires à la survie, d’autres pensent au contraire qu’il isole encore plus l’espèce des autres, et favorise donc son évolution.

L’étude menée par Stephen De Lisle et Locke Rowe, biologistes de l’évolution à l’université de Toronto, révèle que la dernière hypothèse est probablement la bonne. Les chercheurs ont analysé 1.139 espèces d’amphibiens (grenouilles, crapauds, salamandres, tritons et cécilies), comparant leur degré de dimorphisme sexuel en fonction de leur statut sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Des espèces moins vulnérables, plus souples

Résultat: les espèces dotées de dimorphisme sexuel sont celles qui s’en sortent le mieux. Primo, elles sont moins à risque d’extinction, secundo elles semblent plus douées pour la spéciation, cette capacité d’une espèce à en engendrer de nouvelles. Elles sont donc plus «souples» face à l’évolution qu’on ne l’avait cru jusqu’alors.

Au-delà des nombreux facteurs environnementaux expliquant le déclin rapide des amphibiens, cette étude est l’une des premières à se pencher sur leurs caractéristiques intrinsèques. «Nous n’avons encore qu’une faible connaissance des traits qui influencent le risque d’extinction, mais le dimorphisme sexuel semble très clairement l’un d’entre eux», commente Stephen De Lisle.


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