Amorce s’interroge sur le NIMBY

Le 27 octobre 2004 par Loïc Chauveau
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A Bobigny les 26 et 27 octobre 2004, lors de son 18ème congrès, l’association Amorce spécialisée dans la gestion des déchets et l’énergie s’est inquiétée des oppositions toujours plus vives contre les usines d’incinération, les centres de stockage et les parcs d’éoliennes. Elle conclue : il n’y a pas de salut en dehors de la concertation des populations.

Selon Marc Cheverry, chef du département « observatoire des déchets » à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), les oppositions riveraines décrites sous l'acronyme NIMBY (Not in my back yard, pas dans mon jardin) représentent la deuxième cause d'échec d'implantation d'une installation juste derrière la faiblesse intrinsèque du projet, mais devant les désaccords entre élus.

Il ne se passe pas une semaine sans manifestations contre un centre de stockage, un centre de tri ou une usine d'incinération. Pourtant, fait remarquer l'Ademe, la France a plus que jamais besoin de moderniser son système de traitement: « 63 départements présentent des risques de pénurie de capacité de traitement à l'horizon 2008, 34 sont déjà en grande difficulté et six de ces départements n'ont même pas de possibilité d'exporter leurs déchets » assure Marc Cheverry. Comment convaincre que l'installation est bien d'intérêt public ? « Il n'y a qu'une seule solution, la concertation, répond Pierre Legris, consultant au bureau d'études C&S Conseils, mais cette concertation nécessite un état d'esprit et un comportement particulier où se mêlent volonté de transparence, désir d'écoute, goût pour l'échange et le débat, sens pédagogique ».

Selon Pierre Legris, la concertation passe d'abord par une bonne connaissance de la population riveraine afin de savoir quel impact sur la vie quotidienne est redouté.

Il faut ensuite mettre en place une stratégie de communication alliant l'information (articles de presse, bulletins), l'écoute attentive des griefs émis et le débat contradictoire. Il faut enfin établir un calendrier de rencontres et de débats amenant à l'établissement d'un bilan de concertation. Ces préceptes ont été mis en oeuvre par Fernand Roig sans que celui-ci ne théorise trop son action.

Le président du syndicat départemental de traitement des ordures ménagères (Sydetom) des Pyrénées-Orientales a inauguré en juillet 2003 une usine d'incinération pour les 226 communes du département en plein coeur du vignoble catalan : « Je suis du pays, j'ai été à l'école avec les viticulteurs, le dialogue s'est noué facilement, mais il a fallu malgré tout convaincre, explique Fernand Roig. J'ai organisé des visites d'usines d'incinération, publié des plaquettes et donné le maximum d'information sur les dioxines ». Deux éléments ont particulièrement convaincu les riverains.

Le premier, Fernand Roig a démissionné de son poste de premier adjoint de la ville de Perpignan pour se consacrer uniquement à la gestion des déchets. Le geste a été vécu comme un acte d'engagement fort. Ensuite, le président a eu l'idée de faire mesurer les émissions de dioxines de l'usine d'incinération en fonctionnement depuis trente ans: « A sa fermeture, elle émettait encore dix nanogrammes par m3 (ng/m3) de dioxines, raconte Fernand Roig. La nouvelle rejette 0,04ng/m3 ».

Ces comparaisons n'ont pas suffi a totalement rassurer la population. Le syndicat s'est donc engagé à surveiller en permanence les émissions. Avant l'ouverture de l'usine, les terres agricoles, l'air ambiant, les feuilles de vigne, le raisin et même le vin ont fait l'objet d'analyses de concentration en dioxines. Depuis l'ouverture de l'usine, des contrôles sont effectués régulièrement: « après un an de fonctionnement, les analyses de septembre 2004 n'ont montré aucune modification du milieu » se réjouit Fernand Roig. Cet exemple est-il reproductible ? « La concertation ne laisse jamais indemne, assure Pierre Legris. Elle change en profondeur les hommes. C'est un acte citoyen d'échange très fort qui à mon sens doit être systématiquement appliqué à toute réalisation engageant une collectivité pour des décennies ».

Amorce vient d'établir un catalogue comprenant les principaux arguments émis par les opposants aux projets de traitement de déchets et les réponses les plus pertinentes.


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