Amiante: une nouvelle campagne d’information

Le 28 avril 2006 par Claire Avignon
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Site AMIANTE
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Au mois de mai, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) va lancer une campagne de communication sur les risques d’amiante dans le second œuvre. Un risque largement sous-estimé par ce secteur du BTP.

«Il faut beaucoup d'expositions pour tomber malade», «Aucun d'entre nous ne connaît quelqu'un qui soit malade de l'amiante, j'ai parfois l'impression qu'on me parle de quelque chose qui ne me concerne pas», «Il y a eu le plomb, maintenant l'amiante, demain ce sera autre chose». Voici quelques-unes des réactions qu'a recueillies l'INRS lors de la préparation de sa campagne de communication sur les risques liés à l'amiante dans le second oeuvre.

Pourtant les chiffres sont là: de nombreux métiers sont touchés, parmi lesquels les plombiers et tuyauteurs, les électriciens du bâtiment, les maçons, les monteurs en isolation thermique, etc. 30% des nouveaux cas de lésions pleurales bénignes, 25% des asbestoses, 20% des mésothéliomes et 30% des cancers broncho-pulmonaires reconnus comme maladies professionnelles concernaient les professionnels du second oeuvre en 2004. Et l'exposition n'a pas lieu au moment des chantiers de désamiantage, pour lesquels la réglementation est devenue très stricte. «On garde cette fausse idée que toute l'amiante est retirée, mais ce n'est pas le cas, rappelle Michèle Guimon, chef de projet amiante et fibres pour l'INRS. La plupart des 4 à 5 millions de tonnes utilisées depuis la fin du XIXe siècle restera en place dans les bâtiments pendant de nombreuses années. Les travailleurs continuent d'être exposés pendant les opérations d'entretien et de réparation.»

Si les précédentes campagnes de prévention ont plutôt bien fonctionné vis-à-vis des moyennes et grandes entreprises, elles n'ont clairement pas touché les plus petites structures qui ne se sont toujours pas approprié la culture de prévention. Cette nouvelle campagne est supposée y remédier. Pour cela, l'INRS a prévu un budget de 600.000 euros, «le plus gros budget de communication jamais engagé par l'institut», rappelle Jean-Luc Marié, directeur général.



D'abord, 10 chroniques radio pour lutter contre les idées reçues vont être diffusées sur RTL, pendant 3 semaines. Un expert répondra à des affirmations du type «On ne tombe pas malade en respirant de l'amiante une fois de temps en temps.» Puis 4 insertions paraîtront dans les 66 titres de presse quotidienne régionale (PQR). Une couverture grand public pour toucher les travailleurs des TPE, mais aussi les donneurs d'ordre comme les collectivités territoriales ou les grandes entreprises.

Des acteurs qu'il faut aussi sensibiliser au problème lors de la signature des contrats. En effet, «on travaille forcément moins vite en prenant en compte l'exposition à l'amiante, puisqu'il faut utiliser des techniques moins productrices de poussières», explique Michèle Guimon. Cela signifie aussi des coûts plus élevés, et donc la disqualification des entreprises qui prennent en compte ces surcoûts par rapport aux autres. D'autres problèmes se posent pour les TPE, notamment en ce qui concerne le devenir des déchets d'amiante. Mais ces questions dépassent le cadre des missions de l'INRS. «Le ministère en charge du travail est conscient du problème», indique Jean-Luc Marié. Mais aucune mesure n'a encore été annoncée pour le résoudre.




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