Amiante: résultats de la surveillance épidémiologique

Le 23 octobre 2007 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
amiante
amiante

Des travaux publiés aujourd’hui 23 octobre détaillent les résultats du programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) et reviennent sur l'exposition à l'amiante des travailleurs du campus de Jussieu.

Entre 648 et 799 cas annuels de mésothéliome ont été enregistrés chaque année entre 1998 et 2003. Ils sont attribuables à une exposition professionnelle pour 83,2% des hommes et 38,3% des femmes qui souffrent de cette maladie. Ce sont les principaux résultats du PNSM, publiés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS). Portant sur 22 départements, le programme initié en 1998 concerne 18 millions de Français (soit 30% de la population), aux caractéristiques socioprofessionnelles et démographiques proches de celles de la France entière.

Sans surprise, ce sont les secteurs de la construction et de la réparation navale, la transformation et fabrication de produits contenant de l'amiante, et la fabrication d'éléments de construction en métal (ponts, cuves, canalisations, échafaudages, escaliers, etc.). En termes de profession, les métiers les plus à risque concernent les plombiers-tuyauteurs, les tôliers-chaudronniers, et les soudeurs-oxycoupeurs.

Les travaux de l'InVS ont également montré une demande de reconnaissance de la pathologie en maladie professionnelle chez 67% des sujets, dont 92% ont bénéficié d'un accord de la sécurité sociale. Ces chiffres portent sur la période 2002-2004 et sur 16 départements. Une précédente étude portant sur la période 1986-1993 avait estimé que seuls 25% des cas faisaient l'objet d'une indemnisation.

«L'incidence du mésothéliome de la plèvre fait l'objet d'un suivi beaucoup plus précis et il sera bientôt possible de vérifier si, en France, on observe un ralentissement de l'épidémie comme c'est le cas dans certains pays, ou si la situation va continuer d'empirer au même rythme», estime Marcel Goldberg dans l'éditorial du BEH.

L'InVS revient également sur les cas de mésothéliome pleural parmi le personnel du campus de Jussieu (Paris). Les 5 cas diagnostiqués entre 2001 et 2002 concernent des chercheurs ou ingénieurs ayant travaillé pendant 10 à 35 ans sur le campus, depuis la fin des années 1960: ils étaient donc tous à proximité d'un chantier de flocage au moment de la construction du campus. La plupart ont témoigné avoir fréquemment dépoussiéré leur bureau recouvert de poussières.

Selon l'InVS, malgré une possible surévaluation de l'exposition de ces cas aux fibres sur les lieux de travail, «on ne peut pas exclure que l'exposition liée aux lieux de travail ait été effectivement importante et que ces 5 cas aient été induits par une exposition passive due aux flocages d'amiante. Mais les auteurs de l'étude n'ont pas pu déterminer s'il s'agissait d'une exposition de voisinage pendant le flocage initial ou bien le fait de travailler dans des locaux floqués à l'amiante en cours de dégradation.»




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus